mardi 15 novembre 2016

Une espérance vivante

Pour des nouvelles sur ma santé. Dernière mise à jour le 19 décembre 2016



"Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce ? 
Qui accusera ceux que Dieu a choisis ? C’est Dieu qui justifie ! Qui condamnera ? C’est Jésus-Christ qui est mort ! Bien plus, il s’est réveillé, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous !
Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril, ou l’épée ? Ainsi qu’il est écrit : A cause de toi, on nous met à mort constamment. On nous considère comme des moutons qu’on égorge. Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni mort, ni vie, ni anges, ni principats, ni présent, ni avenir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre création ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur". Ro 8.32-39 NBS

Quelles promesses extraordinaires dans ces paroles ! J'aimerai vous inviter à les relire et à les méditer.

L'extrait que j'ai choisi commence par rappeler la portée de la croix : Lui qui n'a épargné son propre Fils, mais qui l'a livré pour nous tous...

Ensuite l'apôtre indique quel niveau de protection pouvons-nous attendre de notre Dieu : Qui accusera les élus de Dieu (ou ceux qu'Il a choisis)... ? Jésus disait à ses disciples : Ce n'est pas vous qui m'avez choisit, mais moi... (Jean 15.16).

Il nous décrit à nouveau les conséquences de la mort et de la résurrection du Christ, notamment sous leurs aspects juridiques.

Puis une question tellement pertinente est posée : Qui nous séparera de l'amour du Christ ? à laquelle suit une liste de situations extrêmes, culminant par une citation du Ps 44.23.

Enfin le bouquet final nous est donné par les versets 37 à 39. Oui, nous sommes plus que vainqueurs en tout (victoire qui concernent les "élus") : "Ni la mort, ni la vie, ni les anges, ou principats... ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur"

Gloire à Lui. 

mercredi 2 novembre 2016

Le courage


              

Il se définit souvent comme "une force de caractère, fermeté d’âme devant le danger, la souffrance physique ou morale". On dit qu'il a combattu avec courage ou que cette épreuve pénible demande du courage. Paul parle souvent de courage, notamment dans la perspective inéluctable de la mort :

"C’est pourquoi nous ne perdons pas courage. Et même si chez nous l’homme extérieur dépérit, l’homme intérieur se renouvelle de jour en jour.  Car un moment de détresse insignifiant produit pour nous, au-delà de toute mesure, un poids éternel de gloire.  Aussi nous regardons, non pas à ce qui se voit, mais à ce qui ne se voit pas ; car ce qui se voit est éphémère, mais ce qui ne se voit pas est éternel..." (2 Co 4.16-18 NBS).

Je me suis souvent demandé ce qu'était ce poids de gloire. Je pense que la suite l'explique.

"Nous savons en effet que si notre corps, cette tente qui nous abrite sur terre, vient à être détruit, nous avons au ciel une demeure qui n’est pas l’œuvre de l’homme, une maison éternelle que Dieu nous a préparée. C’est là précisément ce qui nous fait soupirer aussi longtemps que nous habitons encore dans cette tente ; nous attendons, avec un ardent désir, d’entrer dans cette habitation céleste (ou, pour employer une autre image,) de revêtir l’habit céleste par dessus l’autre. Car nous n’aimerions pas passer par la nudité, mais être immédiatement revêtus (de notre habit céleste)" (2 Co 5.1-4 PVV)...
Quoi qu’il arrive, nous sommes donc, en tout temps, pleins de courage. Certes, nous savons que, tant que nous séjournons dans ce corps, nous vivons en exil, loin du Seigneur, car nous cheminons guidés par la foi, non par la vue. Cependant nous avançons sans crainte ; nos cœurs sont remplis de confiance et d’assurance. Si nous avions à choisir, nous préférerions même quitter ce corps pour aller rejoindre notre vraie patrie auprès du Seigneur.  Ainsi donc, que nous devions rester encore dans ce corps ou le quitter, notre seule ambition est de plaire au Seigneur (v. 6-9).

jeudi 13 octobre 2016

Grâce et exigences


Vue à partir du mont des Oliviers - Photo R.Kozycki

Jésus donne un exemple d'équilibre entre la grâce et l'exigence de la loi. Le récit de la femme adultère m'interpelle chaque fois que j'y repense.
Jean 8.1  (NBS) Jésus se rendit au mont des Oliviers.
2  Mais dès le matin, il retourna au temple, et tout le peuple vint à lui. S’étant assis, il les instruisait.
3  Alors les scribes et les pharisiens amènent une femme surprise en adultère, la placent au milieu
4  et lui disent : Maître, cette femme a été surprise en flagrant délit d’adultère.
5  Moïse, dans la loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes : toi, donc, que dis-tu ?
6  Ils disaient cela pour le mettre à l’épreuve, afin de pouvoir l’accuser. Mais Jésus se baissa et se mit à écrire avec le doigt sur la terre.
7  Comme ils continuaient à l’interroger, il se redressa et leur dit : Que celui de vous qui est sans péché lui jette le premier une pierre !
8  De nouveau il se baissa et se mit à écrire sur la terre.
9  Quand ils entendirent cela, ils se retirèrent un à un, à commencer par les plus âgés. Et il resta seul avec la femme qui était là, au milieu.
10  Alors Jésus se redressa et lui dit : Eh bien, femme, où sont-ils passés ? Personne ne t’a donc condamnée ?
11  Elle répondit : Personne, Seigneur. Jésus dit : Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus.
Nous sommes sur le mont des Oliviers. Alors qu'il enseigne la foule, on amène à Jésus une femme surprise en flagrant délit d'adultère. Chose surprenante, on ne parle pas de l'homme, alors que la loi condamnait à mort l'homme et la femme (Lé 20.10).
Les chefs religieux cherchaient à le mettre à l'épreuve, ce que Jésus perçoit très vite. C'est dans ce contexte que Jésus donnera l'une des réponses les plus incisives : Que celui de vous qui est sans péché jette le premier la pierre. Peut-être que, comme le laisse penser plusieurs commentateurs, Jésus griffonnait des signes qui évoquaient leur propre péché. Tous, du plus âgé aux plus jeunes (selon le poids de la conscience probablement), se retirent. Jésus ne la condamne pas non plus, mais il ajoute : Va, et désormais ne pêche plus. Il ne ferme pas les yeux sur les exigences de sainteté de Dieu, mais il apporte la grâce (et la vérité).

C'est le grand argument de Paul aussi en Ro 1-3, concernant le péché, dont l'idolâtrie et l'homosexualité.
Je vous renvoie à une étude beaucoup plus complète parue dans Réseau FEF Info à la page de mes articles, page qui a été actualisée largement complétée.
Je signale aussi  quelques rares prédications récentes : Une intervention à notre week-end de rentrée sur Vie de disciples 1ère Partie; Vie de disciples 3ème Partie (table ronde) avec Peter Vincent et Reynald. Une étude sur Phil 1.12-26, Christ ma vie, prédications qu'il est possible de retrouver sur le site entièrement refait par une équipe de notre Eglise des Gobelins.


mardi 13 septembre 2016

Repère dans un monde sans repère

           

« Cantiques pour moi, que tes volontés, en ma demeure d’étranger. » 
Ps 119.54 Bible de Jérusalem

Il est des versets dans la Bible qui marquent à vie en s’imprimant non seulement dans notre mémoire, mais dans nos cœurs.
Dès le début de ma vie chrétienne, après un temps d’errance dans l’athéisme, puis l’ésotérisme…, la Bible s’est imposée à moi comme le Livre des livres (ou le « Livre délivre »). Ce verset, entre-autres, dans la version mentionnée ci-dessus, s’est gravé profondément en moi. Il reflète à merveille mes aspirations profondes depuis 35 ans.

Trois idées fortes ressortent de ce texte, comme d’ailleurs du reste des Psaumes et de la Bible :
  • Nous sommes étrangers et voyageurs sur cette terre. Ce même Psaume le rappelle au v. 19 : « Étranger que je suis sur la terre, ne me cache pas tes commandements ». L’apôtre Pierre adressera son épitre à ceux qui sont conscients de cette non-appartenance à ce monde présent. L’épître aux Hébreux en fait aussi l’un de ses thèmes clés (voir ma réflexion du 13 juillet).
  • Dans ce parcours de voyageur, le psalmiste a découvert un repère sûr : « La parole de Dieu » ou « Ses volontés ». C’est le thème des Psaumes 1, 19 et 119. Ces chants invitent à s’ouvrir à la parole du Seigneur. C’est le plus long psaume avec 176 versets. Chacun se réfère, avec des synonymes, à cette révélation (à l’exception du v.122).  J’apprécie particulièrement la traduction de mot « khoq » par « volontés ». Cela suppose plus qu’une loi écrite, mais l’expression claire de la volonté de Dieu, si précieuse pour le chrétien (voir le Notre Père).
  • Enfin, non seulement le psalmiste a découvert un repère très sûr, mais il en fait l’objet de ses cantiques, l’objet de sa joie. Il trouve désormais un grand plaisir dans cette parole. Il vit comme une anticipation de la nouvelle alliance.



Ce verset me touche beaucoup. Cela est venu de pair avec une expérience où, selon les promesses du prophète Jérémie, Dieu graverait sa loi dans nos cœurs lors de la nouvelle alliance . Celle-ci n’a pu se faire qu’à travers la mort et la résurrection du Fils. Quelle belle invitation à faire le choix du psalmiste !

vendredi 5 août 2016

Victoire sur la mort



« SEIGNEUR, tu es mon Dieu ; je t’exalterai, je célébrerai ton nom, car tu as réalisé des projets étonnants, depuis longtemps fermes et solides. Car tu as réduit la ville en un tas de pierres, la cité forte en un monceau de ruines ; le palais des étrangers a disparu de la ville, jamais il ne sera rebâti. C’est pourquoi le peuple puissant te glorifie, la ville des nations brutales te craint. Car tu as été une forteresse pour le faible, une forteresse pour le pauvre dans la détresse, un abri contre l’averse violente, un ombrage contre la chaleur ; car le souffle des brutes est comme la pluie battant un mur. Comme tu domptes la chaleur sur un lieu desséché, tu as dompté le vacarme des étrangers ; comme la chaleur est étouffée par l’ombre d’un nuage, ainsi l’a été le chant des brutes. Le SEIGNEUR des Armées fera pour tous les peuples, dans cette montagne, un banquet de mets succulents, un banquet de vins vieux, de mets succulents, pleins de moelle, de vins vieux, clarifiés. Dans cette montagne, il anéantira le voile qui voile tous les peuples, la couverture qui couvre toutes les nations ; il anéantira la mort pour toujours ; le Seigneur DIEU essuiera les larmes de tous les visages ; il fera disparaître de toute la terre le déshonneur de son peuple — c’est le SEIGNEUR qui parle » (Esaie 25) .

Déjà en Christ, en Cana, et tout au long de son ministère, cette prophétie s’accomplit. Nous en verrons le plein accomplissement au ciel. 

mercredi 13 juillet 2016

Regard fixé sur Jésus


« Or la foi, c’est la réalité de ce qu’on espère, l’attestation de choses qu’on ne voit pas (Hé 11.1)…
C’est selon la foi que tous ceux-là sont morts, sans avoir obtenu les choses promises ; cependant ils les ont vues et saluées de loin, en reconnaissant publiquement qu’ils étaient étrangers et résidents temporaires sur la terre. En effet, ceux qui parlent ainsi montrent clairement qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu la nostalgie de celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais en fait ils aspirent à une patrie supérieure, c’est-à-dire céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu ; car il leur a préparé une cité » (11.13-16).

Dieu a préparé une cité céleste à des personnes comme Abraham. Certains ont accepté de grandes bénédictions, temporaires, d’autres, se sont privés de bénédictions (11.35). Étant environnés d’une telle foule de témoins, qui doivent probablement nous observer et désirer nous encourager, nous devons nous débarrasser de tout fardeau et tout péché qui nous enlace si facilement (12.1). Nos yeux doivent se fixer sur Jésus. Il est le pionnier, Celui qui initie notre foi et qui L’apporte à son accomplissement.

En effet nous nous sommes approchés de la montagne de Sion, la Jérusalem Céleste…, les esprits des justes portés à leur accomplissement (12.22).
Sans négliger les choses de cette terre, il nous faut chercher en priorité les choses d'En-Haut, là où Christ est assis à la droite de Dieu (Co 3.1).   

vendredi 3 juin 2016

L’unique Évangile (version 2)



Je médite ces dernières semaines sur l’Épître aux Galates en cherchant à m’en imprégner et à la mémoriser. Je lis quelques commentaires aussi.
Comme plusieurs des lettres clés de l’apôtre Paul, elle aborde cet unique Évangile qui nous présente la grâce de Dieu délivrant l’être humain du « péché ». Jésus-Christ est Celui qui s’est donné lui-même pour nos péchés afin de nous arracher du « présent âge mauvais » (1.4). Cette Bonne Nouvelle a été malheureusement altérée chez ces chrétiens de Galatie par de faux prophètes ou docteurs.

Paul prend un ton très solennel pour mettre en garde ceux qui osent toucher au cœur de cette Bonne Nouvelle : « Eh bien, si quelqu’un - même nous, même un ange du ciel - vous annonçait un message différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit maudit ! Je l’ai déjà dit et je le répète maintenant : si quelqu’un vous prêche un autre message que celui que vous avez reçu, qu’il soit maudit ! » (1.8-9).

Il faut prendre le temps de lire et méditer la portée de cet Evangile. Je donne quelques facettes simplement :
  • Il nous déclare juste aux yeux de Dieu sans les œuvres de la loi, mais uniquement par la foi en Christ (2.16) ;
  • Il nous unit au Christ pour obtenir cette justification (2.17) ;
  • Il nous délivre du régime de la loi en nous plaçant sous le régime de la grâce (2.19 ; 3.23-25 ; 5.1-5) ;
  • Il nous rend participant de la mort et de la résurrection par la vie de l’Esprit en nous (2.20-21 ; 3.14 ; 4.6-7) ;
  • Il nous adopte pleinement comme fils (3.26) et nous délivre de l'esclavage (4.1-4) ;
  • Il nous arrache aux puissances spirituelles démoniaques, appelées par Paul, rudiments du monde (4.3, 8-9) ;
  • Il nous arrache aux puissances de « l’égocentrisme et du moi », ce que Paul appelle la chair (2.20 ; 5.16-25) ;
  • Il nous donne de porter le fruit de l’Esprit (5.22)...
Les notes de la traduction œcuménique de la Bible (édition intégrale de 1973), plutôt sceptique en matière d’inspiration divine, écrivent dans l’introduction : « L’Épître aux Galates interpelle les chrétiens de tous les temps ; elle interpelle aussi l'Église. Le chrétien est-il le vrai croyant, un homme que sa foi libère de toute peur ? L'Église n’est-elle pas encore dans la situation historique des Galates ? Certes, il n’y a plus de judaïsants, et les chrétiens n’ont plus peur de partager la vie et la table des païens. Mais les institutions de l'Église n’enferment-elles pas trop souvent les chrétiens dans des frontières où ils sont sûrs de leur salut, où ils sont fiers de pratiquer la loi du Christ, réduite à un moyen d’être en règle avec Dieu ? L'Église qui a commencé à la Pentecôte par l’Esprit ne peut pas prétendre trouver sa perfection grâce à des œuvres et à des structures « charnelles » ; autrement, elle asservirait les hommes, au lieu d’être l’éducatrice de leur foi et de leur liberté de fils de Dieu.
L'Eglise est donc invitée à se demander si ses institutions ont pour but la formation d'une communauté dont l'unité s'enracine dans l'unique Évangile 
».
Que Dieu nous donne la grâce de saisir cette Bonne Nouvelle. 

mercredi 4 mai 2016

Le sens de la vie



N’est-ce pas la question fondamentale de l’existence ?

D’abord il faut s’entendre sur le mot « sens ». Généralement on lui attribue deux significations quand on l’applique à « la vie ». Premièrement celle d’une direction, comme dans « le sens de la circulation ». Ensuite celle de « signification », pourquoi notre vie ? que signifie-t-elle ? si sens il y a.

Il faut reconnaître que les réponses varient énormément d’un groupe culturel à l’autre, d’une époque à l’autre, même si des grands axes peuvent être tracés. L’une des données essentielles qui nous manque est la destinée de nos vies, ou, dit autrement : Qu’y a-t-il après notre mort ? Sans résoudre cette énigme, il est impossible de comprendre la direction de nos vies, ni sa signification. Nous partons au moins d'une certitude : personne n'échappe à la mort.  

Récemment, j’ai eu une image marquante. Je voyais notre parcours terrestre semblable à celui d’un groupe d’enfants dans une cour d’école maternelle. Ils étaient livrés à eux-mêmes pendant une longue récréation. Les uns jouaient dans un bac à sable, d’autres sur un toboggan, d’autres se cherchaient querelle. Ils comprenaient tous, plus ou moins, qu’ils ne resteraient pas dans cette école, mais à un moment ou un autre, on viendrait les chercher, un par un, sans les prévenir, pour passer par un tunnel sombre. Aucun adulte ne leur avait expliqué ce qui se passait exactement. Plusieurs enfants affirmaient qu’il n’y avait plus rien après ce passage, d’autres insistaient de ne pas s’en préoccuper, l’important c’était de profiter du présent. D’autres avaient toutes sortes d’idées, à qui se montraient le plus convaincant. L'ignorance de ces enfants me rappelait l'incapacité de l'être humain à connaitre la prochaine étape de son existence, c'est-à-dire, l'entrée dans « l’au-delà ».

Il ne nous est pas donné d’avoir des certitudes absolues sur ce grand passage. Nous pouvons avoir des intuitions, des suppositions, des convictions forgées par notre éducation ou le hasard de nos rencontres. Néanmoins, notre Occident, qui a envahi une grande partie du monde contemporain, s’est construit autour d’une forte spiritualité héritée de la Bible. Une partie grandissante s’en détourne en suivant les discours persuasifs de quelques « enfants de la cour maternelle ». Par une pseudo Science idolâtrée, ils affirment qu’il n’y aurait rien après ce passage, ou, avec des discours spirituels caressant l’égo, ils donnent de fausses espérances sur l’éternité. Je constate de plus en plus, que derrière cette idolâtrie, il s’agit de celle de l’Homme au dépend de Dieu.

Avec ce manque de certitude absolue, il est impossible d'avoir la clé pour saisir le sens de la vie. Nous sommes placés devant une sorte de « pari pascalien » qui déterminera le sens de notre vie. Si Dieu n’existe pas, alors il faudrait assumer les conséquences : la dignité humaine n’est qu’un a priori. Le 20e siècle a montré par les deux régimes politiques les plus anti-Dieu (communisme et nazisme) où va le sens de l’histoire et de la vie dans la négation de Dieu. Si Dieu existe, et si, chose beaucoup plus délicate, on prend au sérieux l’enseignement de Celui qui se présente lui-même comme l’unique chemin qui mène au Père, alors notre vie prend une autre orientation.

Pour ma part, j’ai fait le choix décisif de me tourner vers le Christ qui affirme : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui écoute ma parole et croit en celui qui m’a envoyé, a la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, mais il est passé de la mort à la vie » (Jn 5.24) ou encore : « Je suis la résurrection et la vie : celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11.25-26)

Pour plus d’éléments je recommande la conférence du professeur Henri Blocher sur le sujet, éventuellement celle que j’ai donnée à Guingamp en 2013.



mardi 12 avril 2016

Sur la terre comme au ciel


Je découvre un peu plus ces derniers mois à quel point la "méditation" des choses d'En-Haut transforme ma perspective du quotidien. Je vous propose de faire une petite visite avec moi dans les réalités célestes révélées à travers la Bible, notamment par un extrait de l'Apocalypse. Je reprends, avec une légère adaptation, un article que j'avais rédigé pour la revue Servir en l'attendant en janvier 2003.

Les trois chants d’Apocalypse 5

Dans les chapitres 4 et 5 de l’Apocalypse, Jean nous livre une vision éblouissante du ciel, du lieu d’où gouverne le Seigneur de l’univers. Ces textes représentent l’un des sommets de la louange et de l’adoration dans la Bible, notamment les trois chants d’Ap.5.7-14.

Les circonstances de ces chants

Après sa vision du Trône, l’apôtre voit un livre scellé par sept sceaux. Nul n’est trouvé digne de l’ouvrir, même parmi toutes les créatures célestes. Seul le lion de Juda (appelé aussi le rejeton de David, l’Agneau égorgé) est désigné pour cela. A cause de son sacrifice, le Christ peut ouvrir et briser les sceaux du livre mystérieux. Il s'agit probablement de "l’Histoire" ou des plans de Dieu révélés et exécutés.

1) Le chant des quatre êtres vivants et des vingt-quatre anciens (v. 9-10)

Les quatre êtres vivants rappellent les chérubins d’Ezéchiel 1 et 10. Les vingt-quatre anciens évoquent deux fois le nombre douze, et font probablement référence aux douze tribus d’Israël et aux douze apôtres, représentant le peuple de Dieu.
Les êtres vivants et les anciens se prosternent aussitôt que l’Agneau s’avance pour recevoir le livre : « Ils chantaient un cantique nouveau : Oui, tu es digne de recevoir le livre, et d’en briser les sceaux, car tu as été mis à mort et tu as racheté pour Dieu, par ton sang répandu, des hommes de toute tribu… Tu as fait d’eux un peuple de rois et de prêtres au service de notre Dieu, et ils régneront sur la terre. » (Ap 5.9-10)
Ce chant nouveau qu’ils entonnent, a probablement un rapport avec la nouvelle alliance scellée par le sang de Christ.
Notons que le rachat (du verbe agorazô, avec le sens premier d’acheter sur la place de marché) a été réalisé pour Dieu. Il ne s’agit pas simplement d’un « petit salut » pour notre bien-être, mais de l’appartenance pleine et entière à Dieu lui-même.
Ce salut atteint toute l’humanité – au moins ceux qui l’accueillent – et fait des «rachetés» un peuple de rois, ou un « royaume » selon les manuscrits. Ceux-ci sont appelés à régner sur la terre au service de Dieu (peut-être est-ce la nouvelle terre ?)
L’Agneau a aussi fait de nous des prêtres, insistant probablement sur notre accès direct à Dieu et sur le ministère qui nous est confié dans la prière aujourd’hui. Les coupes d’or pleines d’encens représentent d’ailleurs la prière des saints (v. 8).

2) Le chant des myriades d’anges (v. 11-13)

Le cercle est désormais élargi. Des créatures précédentes proches du Trône, nous passons à l’armée céleste, à ces millions de millions d’anges (Semeur) : « Ils disaient d’une voix forte : II est digne, l’Agneau qui fut égorgé, de recevoir la puissance, la richesse et la sagesse, la force et l’honneur et la gloire et la louange. » (v. 12)
Notons que cette prière de louange désigne à nouveau « l’Agneau immolé ». Cet adjectif « immolé » utilisé 9 fois dans le NT, dont 8 dans l’Apocalypse, évoque la boucherie, un animal égorgé ou un carnage humain. Ces mots nous renvoient à la folie meurtrière qui s’est abattue sur le Christ à la croix ainsi qu’à l’Agneau pascal, au sacrifice sanglant expiatoire de celui qui ôte le péché du monde (Jn 1.29).
Un contraste étonnant apparaît entre la faiblesse et la grandeur de la victime. L’agneau égorgé est celui qui est digne de recevoir la puissance…
Les sept qualificatifs de l’Agneau précisent un des aspects fondamentaux de la louange : dire, exprimer, chanter (pas seulement du bout des lèvres) la grandeur, la gloire de notre Seigneur Jésus.

3) Le chant de toutes les créatures de l’univers (v. 13-14)

Le cercle s’élargit une dernière fois dans cette scène. Désormais, tous les êtres créés s’unissent d’un même cœur pour chanter la louange non seulement de l’Agneau, mais aussi du Père : « Et toutes les créatures dans le ciel, sur la terre, sous la terre et sur la mer, tous les êtres qui peuplent l’univers, je les entendis proclamer : A celui qui siège sur le trône et à l’Agneau soient louange et honneur, gloire et puissance pour toute éternité », (v. 13)
Ce verset est probablement le point culminant de cette scène. Avant que les sceaux ne soient brisés, toutes les créatures louent et adorent. Une expression est ajoutée, que nous redisons parfois machinalement : « pour les siècles des siècles ». Ces mots nous laissent sans voix devant la gloire éternelle du Père et du Fils. Si nous les recevons dans la foi et l’écoute, ils nous encouragent à nous prosterner à notre tour et à adorer.

Et notre quotidien

Nous sommes transformés par ce qui est l'objet de nos méditations. Nos vies, quelques soient les circonstances, devraient refléter des aspects de ces scènes célestes comme par anticipation de la victoire définitive de l’Agneau. La reconnaissance à Dieu pour son salut éblouissant naît spontanément en se mettant à l'écoute attentive de sa Parole. Nous sommes encouragés chaque jour à nous offrir, nous consacrer à nouveau à Celui qui est assis sur le Trône et à l’Agneau immolé.

samedi 26 mars 2016

La résurrection


Lorsque j’étais un « athée radicalisé » (mais seulement du bout des lèvres !), j’aimais tourner en dérision le Christianisme. Je ne comprenais pas grand-chose à la Bible ni à la foi, mais je faisais semblant. Plusieurs choses ont ébranlé mes convictions athées. Je me rappelle notamment d’un documentaire d’Alain Decaux sur le suaire de Turin. Non pas que l’historien de l’Académie ait prouvé la résurrection, mais la façon dont il parlait de Jésus, sa mort, et sa résurrection possible, me faisait douter de mon athéisme.

Par la suite, ma recherche dans l’ésotérisme, puis ma découverte de la Bible, d’abord dans une approche plus philosophique, ma rencontre de chrétiens vivant leur foi, et une révélation plus personnelle de « Jésus mort et ressuscité pour moi » ont définitivement brisé mon scepticisme.

Jésus est ressuscité ! L’apôtre Paul l’affirme avec beaucoup de conviction aux chrétiens mal affermis de Corinthe : « Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est une illusion, et vous êtes encore sous le poids de vos péchés. De plus, ceux qui sont morts unis au Christ sont à jamais perdus. Si c’est seulement pour la vie présente que nous avons mis notre espérance dans le Christ, nous sommes les plus à plaindre des hommes. Mais, en réalité, le Christ est bien revenu à la vie et, comme les premiers fruits de la moisson, il annonce la résurrection des morts » (1 Co 15.17-20). Les implications de la résurrection sont inouïes. Regardons-en au moins cinq, tirées de ces versets 17-20 :
  1. Si Christ est ressuscité, la foi n’est pas une illusion, elle se fonde sur des promesses objectives et historiques, n’en déplaise à plusieurs « théologiens existentialistes » qui nient l’historicité de la résurrection pour en faire une sorte de mythe, d’affabulation des premiers chrétiens naïfs. 
  2. Les croyants ne sont plus sous le poids de leurs péchés. La culpabilité est enfin résolue. Dans d’autres textes, Paul fait un lien entre la résurrection et le règlement du problème du mal : « Il a été livré pour nos fautes, et Dieu l’a ressuscité pour que nous soyons déclarés justes » (Ro 4.25).
  3. Tous ceux qui nous ont précédés, et qui sont morts « unis au Christ », ne sont pas perdus. Dieu le Père accorde la Vie sur la base de la victoire du Christ en nous délivrant du jugement à venir et de la condamnation.
  4. La résurrection devient une preuve du "monde à venir" en nous délivrant de la vanité de monde présent avec son non-sens.
  5. Christ est bien ressuscité, poursuit ces versets de 1 Co 15, et sa résurrection annonce celle des croyants. Il est comme « les premiers fruits » de cette grande résurrection à venir.
  6. J’ajouterai encore un point sur lequel je médite souvent ces dernières semaines, ayant touché de très près le grand basculement dans l’au-delà. Pour Paul, la résurrection est le commencement de la Nouvelle Création : « Si quelqu’un entre en communion vivante avec le Christ, il devient un homme nouveau, il est recréé. L’ancien état est dépassé. Ce qu’il était autrefois a disparu. La nouvelle création a déjà commencé (2 Co 5.17 Parole Vivante). Dans l’épître aux Éphésiens, Paul prie pour que les yeux de notre cœur soient illuminés afin de comprendre plusieurs vérités, en particulier la "grandeur surabondante de sa puissance" envers nous qui croyons, il l’a déployée en ressuscitant Jésus d’entre les morts(1.18-19). C’est cette même puissance qu’il déploie en nous pour nous faire passer de la mort spirituelle à la Vie (2.1-5), en nous ressuscitant avec lui. Il nous sauve par grâce et nous "crée à nouveau" en Jésus-Christ. Nous faisons désormais partie de cette nouvelle humanité unie en un même Corps (2.14), anticipation de la pleine Nouvelle Création.
Jésus est vraiment ressuscité ! Alleluia !
Pour aller plus loin, je partage une série de 5 conférences sur ce thème, données à La Réunion pour Pâques 2013 à ce lien.

vendredi 4 mars 2016

L’amour humain et l'amour divin


Ces derniers jours, je me suis penché davantage sur le Cantique des cantiques.
Ce livre, très poétique et énigmatique, m’est apparu sous un nouvel éclairage. Une lecture, très majoritaire dans le protestantisme évangélique, à laquelle je souscris en grande partie, y lit un développement de Proverbes 5. Dieu nous appelle à nous réjouir avec celui ou celle qu’il place comme notre premier prochain (pour ceux qui sont mariés) :
5.15-20 - « Bois l’eau de ta propre citerne, celle qui coule de ton puits. Tes sources doivent-elles se répandre dans les rues, tes canaux d’irrigation doivent-ils couler sur les places ? Qu’ils soient pour toi seul, et non pour des étrangers avec toi. Que ta source soit bénie, et fais ta joie de la femme de ta jeunesse, biche des amours, gazelle gracieuse ; enivre-toi de ses seins en tout temps, sois sans cesse grisé par son amour. Pourquoi, mon fils, serais-tu grisé par une autre femme et étreindrais-tu la poitrine d’une inconnue ? » (NBS)

Dans le Cantique des cantiques, l’amour prend une dimension encore plus poétique et enivrante :
Ca 1.2-4 - « Qu’il me couvre de baisers ! Oui, tes caresses sont meilleures que le vin. La senteur de tes parfums est si bonne ! Ton nom est un parfum qui se répand ; c’est pourquoi les jeunes filles t’aiment. Entraîne-moi à ta suite, courons ! » ;
Ca 2.14-15 – « Ma colombe, dans le creux des rochers, dans le secret des escarpements, fais-moi voir ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce et ton visage est joli »
Ca 2.16 – « Mon bien-aimé est à moi, et je suis à lui ; il paît parmi les lis ».
Ca 8.7 – « De grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour, et des fleuves ne sauraient l’emporter ; quand un homme donnerait tous les biens de sa maison contre l’amour, il n’obtiendrait que le mépris ».

Je me suis rappelé, et je l’ai partagé à ma femme, les temps si forts que nous avons vécus dans notre rencontre, les richesses spirituelles dans l’amour mutuel et le partage de vie tout au long de nos quelques 27 années de mariage.

Pourtant, comme le livre précédent nous ouvre la voie, pour l’Ecclésiaste tout est passager, éphémère dans ce monde. En appliquant le Cantique à nos couples, nous ressentons qu’il s’agit d’une description idéalisée d’un amour humain trop souvent entaché avec le temps d’imperfections, de quelques relents d’égocentrismes...

En approfondissant ce thème de l’amour dans la Bible et dans « mon ressenti », j’ai vu le mariage, à travers ce magnifique poème du Cantique, comme une sorte de prisme dans lequel un autre amour se reflète, un amour parfait provenant de Celui qui est l’amour même. C’est, je pense, ce que fait Paul, en Ephésiens 5.31-32, lorsqu’il parle du mystère de l’amour conjugal : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère pour s’attacher à sa femme, et les deux seront une seule chair. Il y a là un grand mystère ; je dis, moi, qu’il se rapporte au Christ et à l'Église » (5.31-32). En méditant ce sujet, j’ai redécouvert à quel point l’amour divin est réellement un avant-goût du ciel.

Voici quelques autres textes, parmi tant d’autres, décrivant la puissance et la grandeur de l’amour de Dieu et du Christ envers nous :
Romains 5:8 - « Or voici comment Dieu, lui, met en évidence son amour pour nous : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».
Romains 8:35-39 - « Qui nous séparera de l’amour du Christ ? La détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le péril, ou l’épée ?... Mais dans toutes ces choses nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés car j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni les choses présentes ni les choses à venir, ni les puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre création ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, notre Seigneur ».
Jean 17:26 - « Je leur ai fait connaître ton nom et je le leur ferai connaître, pour que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, comme moi en eux ».
Eph 3.14-17  - « C’est pourquoi je fléchis les genoux devant le Père, afin qu’il vous donne, selon la richesse de sa gloire, d’être rendus forts et puissants par son Esprit… pour être capables de comprendre, avec tous les saints, quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et de connaître l’amour du Christ qui surpasse la connaissance, de sorte que vous soyez remplis jusqu’à toute la plénitude de Dieu ».
1 Jean 4:7 - « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres ; car l’amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a jamais connu Dieu, car Dieu est amour. C’est en ceci que l’amour de Dieu s’est manifesté parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. »

Que cet amour qui surpasse toute connaissance me pousse, en retour, à L’aimer lui de tout mon être, et qu’il puisse déborder sur mes plus proches, mes frères et sœurs dans la foi et mon prochain en général.

Pour ceux qui veulent écouter, les conférences 2016 de Palaiseau (exceptionnelles comme souvent) sont accessibles gratuitement à ce lien.



vendredi 5 février 2016

La vie, une vapeur

L’un des premiers exercices que je donnais à un cours d’initiation à la programmation informatique consistait à entrer la date de naissance de la personne, puis à faire sortir, par quelques instructions, le nombre de jours, d’heures et de secondes qu’il reste à vivre, selon l’espérance moyenne. Les réactions étaient surprenantes et rappelaient souvent la brièveté de notre vie. La Bible le fait aussi à sa façon, tout en appelant à vivre pleinement l'instant présent.

L'apôtre Jacques écrit : “A vous maintenant, qui dites: Aujourd'hui ou demain nous irons dans telle ville, nous y passerons une année, nous trafiquerons, et nous gagnerons ! Vous qui ne savez pas ce qui arrivera demain ! car, qu'est-ce que votre vie ? Vous êtes une vapeur qui paraît pour un peu de temps, et qui ensuite disparaît. Vous devriez dire, au contraire : Si Dieu le veut, nous vivrons, et nous ferons ceci ou cela”. (Jac 4:13-15). Ou encore dans le Psaume 90, nous lisons : “Tu fais rentrer les hommes dans la poussière, et tu dis: Fils de l'homme, retournez! Car mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d'hier, quand il n'est plus, et comme une veille de la nuit. Tu les emportes, semblable à un songe, qui, le matin, passe comme l'herbe, elle fleurit le matin, et elle passe, on la coupe le soir, et elle sèche.”

En même temps, la Bible insiste sur la richesse du temps présent. Jésus, à plusieurs reprises, annonce que maintenant l'heure est venue pour l'irruption d'une ère nouvelle (Mat 4:17 ; Jean 4:23 ; 5:25). Ce maintenant se poursuit chaque jour : “Aujourd'hui si vous entendez sa voix, n'endurcissez pas votre cœur” (Ps 95 ; Héb 3-4) ; “Voici maintenant le temps favorable, voici maintenant le jour du salut.” (2 Cor 6). Dans ce maintenant, l’Ecriture nous invite à ne pas laisser échapper le temps, mais à saisir la Vie véritable que le Christ nous offre, non pas seulement demain, mais aujourd'hui.

Étrange paradoxe de notre vie si brève et pourtant de l’instant si riche ! Connaître cette brièveté et penser à notre dernière minute, c'est aussi apprécier davantage cet instant présent où le Christ nous offre la “vie en abondance” (Jean 10:10).


Reprise d'une méditation que j'avais écrite en 2002 pour un agenda "Espoir pour Essonne". Mon "espérance moyenne", selon des critères humains, ayant drastiquement baissé, ces réflexions prennent une force particulière, comme la plupart des affirmations bibliques. Une autre "espérance", celle-ci, vivante, héritage exempt de corruption, de souillure, de flétrissure (selon 1 Pi 1.3-4, JER) se dévoile plus clairement à mon regard, sans cacher la richesse du jour et de l'instant présent.

lundi 25 janvier 2016

Le Sermon sur la montagne et nos dérèglements

Cet article est une adaptation d'une étude à paraître dans la revue revue Servir en L'attendant
Lieu habituellement reconnu en Galilée pour l'emplacement de ce sermon. Photo RK

Contexte du sermon

L’évangile selon Matthieu introduit le Nouveau Testament. Il décrit de nombreux accomplissements de prophéties, notamment par la généalogie de Jésus, par sa naissance miraculeuse, par le sens même de son nom qui se traduit, selon l’ange : « Celui qui nous sauve de nos péchés »… La haine du monde s’exprime de manière violente dans l’attitude d’Hérode au chapitre 2. Le message de Jean-Baptiste (chapitre 3) annonce l’accomplissement du Royaume de Dieu, à la fois dans le jugement qui se prépare, et dans le salut qu’apportera le messie. Il reprend l’ambiguïté de l’annonce très fréquente des prophètes du « Jour de l’Eternel ». Puis Jésus débute son ministère en reprenant le même thème du Royaume, accomplissant de nombreuses délivrances (4.23-25).

Au cœur du sermon

Les chapitres 5-7, appelé aussi « Sermon sur la montage » à cause de son introduction, présente une longue prédication de Jésus, ou plutôt, une synthèse inspirée par l’Esprit, d’enseignements divers, regroupés sous quelques thèmes. Ils sont généralement reconnus comme l'un des sommets de la littérature biblique. Il serait présomptueux d’en faire un résumé. Je vous propose néanmoins de tenter de faire ressortir quelques aspects de ces chapitres.
Pour des raisons pédagogiques, on peut axer ce « sermon » autour du verset : « Car, je vous le dis, si votre justice (ou votre façon de vivre la foi) ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez jamais dans le royaume des cieux » (5.20). Comme plusieurs, je considérerai ces trois chapitres comme un développement du message résumé au chapitre précédent : « Dès lors Jésus commença à proclamer : Changez radicalement (ou repentez-vous), car le règne des cieux s’est approché ! » (4.17 NBS).
Ce sermon n’est pas un traité sur la grâce, mais plutôt un descriptif des conditions d’accueil du Règne des cieux, ou de la vie céleste à travers le roi. Il est vrai que la première béatitude donne une clé sur l’importance de la grâce reçue avec humilité : « Heureux ceux qui sont conscients de leur pauvreté spirituelle, car c’est à eux que le Royaume des cieux est réservé » (5.3, Parole Vivante).
La première section de ce sermon (5.1-16) n’aborde pas nos dérèglements de manière directe, mais le fait par un renversement des valeurs habituelles de ce monde, ou de la piété de son temps, pour mieux faire ressortir les valeurs quasi-opposées que le Maître attend du disciple.

Jésus et la Loi

La 2e section (5.17-48) aborde le rapport de Jésus à la Loi. Il ne vient pas l’abolir, mais l’accomplir et lui donner tout son sens. Il relève notamment 6 dérives dans les interprétations rabbiniques courantes qui minimisent l’impact de la Loi dans les relations sociales (5.21-48). Jésus touche au cœur du péché dans sa réinterprétation des textes. Plus qu’un prophète, il affirme : « Vous avez entendu dire, mais moi je vous dis ». Jésus démasque les péchés, non seulement dans les actes, mais avant tout dans le cœur. Il traite du mépris de son prochain (21-26), de l’adultère (27-30), de répudiation (31-32), du serment et du mensonge (33-37), de la vengeance (38-42), de la haine des ennemis (43-48). Le choix des péchés se focalisent volontairement sur la 2e table de la Loi, qu’il résume ailleurs par : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (22.39).

Dieu ou Mamon

La section suivante (chapitre 6) est consacrée à la 1ère table de la Loi, aimer Dieu de ton cœur. Il montre que la justice des pharisiens ne se préoccupe que du regard des hommes, et derrière les apparences, davantage de « Mamon » que de Dieu. Négliger ou mépriser la gloire de Dieu dans trois exercices de piété (6.1-18), ou dans la question de nos biens matériels (19-34) est, pour Jésus, incompatible avec une vraie piété. Notre justice peut dépasser celle des pharisiens si nous sommes disposés à nous préoccuper davantage du Règne de Dieu et de ce qui est juste à ses yeux (6.33).

Sens dévoilé du sermon

 Au chapitre 7, Jésus revient dans un premier temps sur l’esprit de jugement nous plaçant au-dessus des autres, et la foi authentique dans la prière (1-12). Je verrais dans la fin du chapitre, une conclusion en plusieurs étapes. Les versets 13-14 reprennent le thème fréquent des deux voies (Deut 30, Ps 1…), en exhortant puissamment à faire le bon choix. La repentance est sous-entendue, mais aussi l’urgence à prendre plaisir à la Parole de Dieu (comme le Ps 1), déclinée par la méfiance face aux faux prophètes (7.15-20), la préparation au grand jour du Jugement (21-27) qui s’établira sur le critère de notre accueil des Paroles du Roi.

Conclusion

Pour résumer, notre justice doit impérativement dépasser celles des pharisiens concernant l’amour pour notre prochain et l’amour pour Dieu. Nous disions que la grâce apparaît en filigrane dès la première béatitude, mais se développera dans les chapitres suivants, en particulier, dans les 10 miracles des chapitres 8 et 9. Vouloir vivre cette piété du sermon sur la Montagne nous place face notre incapacité totale face à notre impureté. Comme le lépreux (8.1-3), nous supplierons le Seigneur d’avoir piété de nous. Il ne nous repoussera pas, nous « touchera » quitte à enfreindre toutes les règles de pureté. Si l’humilité et la foi sont présentes, il nous purifiera aussi. Lui qui n'a jamais connu le péché, il a accepté, à la Croix, de devenir péché pour nous purifier, et pour que notre justice puisse dépasser celle des pharisiens (2 Co 5.21).
RK

Pour ceux que cela intéressent, voici un lien pour écouter de ma dernière prédication sur un survol de Pierre, et un commentaire du début du chapitre 5.

mercredi 6 janvier 2016

2016, un nouvel an "de grâce"


C'était l'expression consacrée pour parler d'une année, au moins jusqu'à la fin du XVIIIe dans presque tous les pays occidentaux. Elle vient très probablement de ce texte biblique de la première prédication de Jésus à Nazareth selon l'évangile de Luc :

« L'Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu'il m'a conféré l'onction pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres ; il m'a envoyé pour proclamer aux captifs la délivrance… pour proclamer une année d'accueil (ou de grâce) de la part du Seigneur ». Luc 4.18-19 (NBS)

Photo RK, Prédication dans une ancienne synagogue à Nazareth

Alors que l'état d'urgence se poursuit avec ses rappels réguliers dans les médias du terrorisme que notre pays a vécu en 2015, ces paroles de Jésus tranchent. Elles font retentir la Bonne Nouvelle, encore plus actuelle en ce début d'année. Il proclame la délivrance désormais accessible à l’humanité, tout au moins à ceux qui sont suffisamment humbles et pauvres pour l’accueillir. Une année de grâce est encore inaugurée, plus exactement, une année « acceptable de la part du Seigneur », une année de « faveur, d’accueil ». Dieu peut répandre librement sa bénédiction parce que Jésus a rendu ce temps acceptable devant son Père en payant la dette pour nos fautes.
Jésus cite une prophétie d'Esaïe 61, et volontairement, il arrête la lecture à « l'année de grâce » coupant ainsi la phrase, et oubliant volontairement les mots suivants : « Le jour de vengeance ». Ce n'était pas au programme de sa première venue, Ce le sera lors de sa seconde.

Bonne année de grâce à chacun.

Voici un lien pour une série de 4 prédications données sur ce thème pour le début d'année 2014 à un camp famille à la Villa Emmanuel.

N.B. Je suis toujours étonné et encouragé lorsque d'autres personnes découvrent plus concrètement dans leur vie, et dans leur fin de vie, le trésor de l'Evangile. Récemment, tous les médias se sont fait l'écho du parcours atypique d'un artiste de variété. Alors qu'il affrontait un cancer, Michel Delpech a dévoilé au public en 2014 sa foi, son amour pour Jésus-Christ et son grand intérêt pour la théologie, dans un ouvrage intitulé « J’ai osé Dieu ». On peut bien-sûr chercher la petite bête et ne pas être d'accord avec tout. Mais son témoignage a quelque chose d'authentique. Il affirmait notamment :
« Je sais que ce langage est difficilement audible, venant d’un chanteur populaire. Un chanteur de variétés qui lit les Pères de l’Église et ceux du désert est-il crédible ? Une star qui cultive sa vie intérieure en se passionnant pour la théologie a-t-elle le droit de dire qu’il ne s’agit pas d’une toquade passagère ? Je m’y risque quand même parce que je sais que si je m’en allais sans jamais en avoir parlé, j’aurais des regrets...Dieu attend toujours que nous venions à lui. Il n’est pas rancunier. Il nous reçoit même si on le fait patienter »

Son dernier succès et en même temps son "adieu".

dimanche 20 décembre 2015

La nativité

Image lexpress.fr

Comme beaucoup de mes contemporains, jusqu'à l'âge de 21 ans (et depuis l'âge de 13-14 ans), les récits de la naissance de Jésus étaient devenus pour moi une sorte de légende. J'en faisais de plus en plus des sujets de moquerie, au moins pour certains de ses aspects. En étudiant la philosophie au lycée, j'ai été déstabilisé dans mon athéisme en constatant le nombre de personnes croyantes parmi les penseurs qui nous ont précédés. Mes "recherches sur le sens de la vie" m'ont conduit, par des voies tortueuses, à découvrir l'Évangile. 
Je peux attester désormais, comme l'a bien formulé Blaise Pascal : "Sans l'Écriture, qui n'a que Jésus-Christ pour objet, nous ne connaissons rien et ne voyons qu'obscurité et confusion dans la nature de Dieu et dans la propre nature" (Pensées, 417-548).
Mais que savons-nous de sa naissance, ou de son "incarnation" ?
Ce n'est évidemment que par la Bible que nous pouvons le savoir. Je propose une méditation que j'ai apportée ce dimanche 20 décembre sur la façon dont l'Evangile selon Jean présente cette venue.
Jésus est le "logos divin", la "parole vivante et éternelle" de Dieu. Cette "parole" s'est faite homme un jour, à Bethléem. Elle est venue pour nous révéler Dieu le Père en nous engendrant à la véritable vie.
"Et le Verbe s’est fait chair et il a campé parmi nous, et nous avons contemplé sa gloire, gloire qu’il tient du Père comme Unique-Engendré, plein de grâce et de vérité" (Jn 1.14, Bible de Jérusalem).
Je vous laisse écouter un commentaire modeste de ce verset.

samedi 12 décembre 2015

St-Augustin et les épreuves


J'ai le privilège d'avoir, pour une fois, un peu plus de temps pour la lecture et l'écoute d'enseignements pendant cette période de traitement de ma maladie. Je "médite" en particulier sur les grandes étapes de notre histoire occidentale. Nombre d'historiens voient dans le sac de Rome (la destruction presque totale) en 410 par les Wisigoths, le démarrage d'une nouvelle période de l'histoire. C'est la fin de l'Antiquité, et l'entrée dans le Moyen Age. C'est lors de cette période troublée que La cité de Dieu de Saint-Augustin a été publiée. Ce livre marquera profondément la pensée occidentale. Charlemagne se le faisait lire régulièrement pendant ses dîners ; Thomas d'Aquin, Luther, Calvin, Blaise Pascal... s'en inspireront beaucoup. Je suis impressionné par la pertinence de ce grand commentateur de la Bible.
Un simple extrait pour donner la teneur du niveau de "spiritualité" de ce livre, plaçant la barre beaucoup plus haut que celle de notre christianisme post-moderne :

"Dites-moi s’il peut arriver aucun mal aux hommes de foi et de piété qui ne se tourne en bien pour eux. Serait-elle vaine, par hasard, cette parole de l’Apôtre : « Nous savons que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ? » (Ro 8.28).
— Mais, répliqueront certains, ils ont perdu tout ce qu’ils avaient.
— Ont-ils perdu la foi, la piété ? Ont-ils perdu les biens de l’homme intérieur, riche devant Dieu?
Voilà l’opulence des chrétiens, comme parle le très-opulent apôtre : « C’est une grande richesse que la piété et la modération d’un esprit qui se contente de ce qui suffit. Car nous n’avons rien apporté en ce monde, et il est sans aucun doute que nous ne pouvons aussi en rien emporter. Ayant donc de quoi nous nourrir et de quoi nous couvrir, nous devons être contents. Mais ceux qui veulent devenir riches tombent dans la tentation et dans le piège du diable, et en divers désirs inutiles et pernicieux qui précipitent les hommes dans l’abîme de la perdition et de la damnation. Car l’amour des richesses est la racine de tous les maux, et quelques-uns, pour en avoir été possédés, se sont détournés de la foi et embarrassés en une infinité d’afflictions et de peines » (1Ti6).
Ceux donc qui, dans le sac de Rome, ont perdu les richesses de la terre, s’ils les possédaient de la façon que recommande l’Apôtre, à savoir, pauvres au dehors, riches au dedans, c’est-à-dire s’ils en usaient comme n’en usant pas, ils ont pu dire avec un homme fortement éprouvé, mais nullement vaincu : « Je suis sorti nu du ventre de ma mère, et je retournerai nu dans la terre. Le Seigneur m’avait tout donné, le Seigneur m’a tout ôté. Il n’est arrivé que ce qui lui a plu; que le nom du Seigneur soit béni ! ». Job pensait donc que la volonté du Seigneur était sa richesse, la richesse de son âme, et il ne s’affligeait point de perdre pendant la vie ce qu’il faut nécessairement perdre à la mort. Quant aux âmes plus faibles, qui, sans préférer ces biens terrestres au Christ, avaient pour eux quelque attachement profane, elles ont senti, dans la douleur de les perdre, le péché de les avoir aimés"
Saint-Augustin, La cité de Dieu, Livre 1, chap. 10

Quelques remarques à cette citation :
1) Augustin fait partie de ces quelques auteurs "prophétiques" influents comme Calvin, Blaise Pascal, Alexandre Vinet, C.S. Lewis... qu'il est impossible de comprendre sans connaître en profondeur le texte biblique. Beaucoup de leurs écrits ne sont que des reformulations de la Bible.
2) Comme tous ces auteurs abreuvés à cette même source, et ayant cherché à vivre cette sagesse biblique, ils savent montrer du doigt, au-delà d'eux-mêmes, en direction de Dieu. Ils reprennent chacun à leur façon la parole du prophète Jérémie : "Ainsi parle le Seigneur : Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans un être humain, qui prend la chair pour appui, et dont le cœur se détourne du Seigneur... Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur, celui dont le Seigneur est l’assurance !" Jér 17.5-7
3) Le discours d'Augustin pourrait parfois prêter à confusion par un détachement trop grand des grâces que Dieu peut accorder sur cette terre, mais d'autres passages équilibrent cette vérité, en donnant, malgré tout, une priorité aux choses d'En-Haut.

samedi 21 novembre 2015

Le Terrorisme et le livre de l’Ecclésiaste

Nuit tragique à Paris

« J’ai observé encore toutes les injustices qui existent ici-bas. Les opprimés crient leur détresse et personne ne leur vient en aide. Le pouvoir est du côté des oppresseurs, si bien que personne ne peut leur venir en aide » (Ecl 4.1 BFC)

J’étais aussi à Paris le vendredi 13 novembre. Nous avions organisé un concert avec notre Église des Gobelins. À la fin de la soirée, en attendant un bus, nous étions étonnés avec ma femme du nombre d’ambulances, de voitures de police qui se succédaient dans les rues du 13e et 5e. La ligne RER B était perturbée avec comme seule indication : Un colis suspect trouvé à Châtelet. En arrivant à Palaiseau, beaucoup plus tard que prévu, nous avons appris le drame qui se déroulait.

Oppression

En méditant depuis plusieurs jours sur le livre de l’Ecclésiaste (ou Qohelet), j’ai été interpellé par la sagesse de ses propos. Le diagnostic récent de mon cancer grave me confirme, de manière plus aigüe, la brièveté de la vie et la vanité de tant de choses qui nous entourent. Le Qohelet, plutôt pessimiste, n’est pas surpris par tous les dérèglements de notre humanité, voire de nos vies. À propos de l’organisation sociale, politique et idéologique, il relève le pouvoir de l’oppression. Je réfléchissais à l’histoire des conquêtes des siècles passés, les grandes invasions, l’établissement de la Royauté en France, la Révolution, Bonaparte, la Colonisation, le Communisme, le Nazisme… On aurait pu penser que le Siècle des Lumières et le culte de la Raison allaient apporter la solution à la violence et l’oppression humaines. Cette illusion a été sérieusement bousculée au XIXe et surtout par les dizaines de millions de morts des deux grandes guerres mondiales au XXe siècle (record absolu de l’histoire). Le XXIe siècle a déplacé les sources de conflits, mais ne s’annonce pas mieux que les précédents. Pour notre pays, depuis la guerre d’Algérie, nous n’avions pas connu de période plus troublée que celle dans laquelle nous sommes entrés le 13 novembre 2015.
De nombreuses idéologies véhiculent une violence sournoise. L’héritage des Lumières dont nous pouvons être fiers pour de nombreux aspects (respect de la vie humaine, une certaine forme d’égalité, la liberté de cultes et de conscience…) peut avoir aussi ses travers (la revendication excessive de ses droits au détriment de ses devoirs, la liberté de critiquer tout et n’importe quoi, une dérision parfois des questions « religieuses ou spirituelles »…). ll est surprenant que le début de l’attaque terroriste au Bataclan se soit faite pendant l’un des chants emblématiques du groupe Eagles of Death Metal : « Kiss the Devil » (« Embrasse le diable »). Il est une Invitation pressante à s’unir au diable et à se vouer à lui. Même si le sujet relève peut-être plus de la moquerie ou de la dérision par ce genre de groupe, ce jour-là, comme de nombreux journalistes l’ont relevé, les musiciens ont dû être les premiers surpris, pour ne pas dire terrorisés, par une présence « diabolique » presque palpable.
Les djihadistes de Daesh combattent violemment toute idéologie en dehors d’un Islam radical où les multiples appels du Coran à la haine des mécréants, juifs et chrétiens sont pris à la lettre. Les valeurs des Lumières, si présentes en France, étant totalement à l’opposé de leurs croyances, doivent impérativement être détruites pour eux. Nous condamnons évidemment ce genre d’actes terroristes et nous nous joignons sans réserve à cette solidarité envers les familles endeuillées et cette compassion envers les nombreuses victimes, encore vivantes, pour qui le traumatisme laissera des traces indélébiles.
L’histoire de ce monde est une série de confrontations entre idéologies afin d’opprimer les peuples et conquérir le pouvoir comme le relève l’Ecclésiaste.

Y a-t-il une solution ? 

Pour l’Ecclésiaste, le seul petit espoir se trouve dans ce qu’il appelle « la crainte respectueuse de Dieu » (12.13-14). Elle est même le commencement de la sagesse dans la Bible. Une réponse plus précise se dévoile dans l’accomplissement des temps que le Messie apporte selon les nombreuses prophéties de l’Ancien Testament. Il est venu régler la situation de malédiction de l’humanité en devenant lui-même malédiction (Ga 3.13 ; Es 53…), et inaugurer un âge nouveau qui commence par la foi en lui aujourd’hui et s’accomplira pleinement lors de son retour.

La Bible, à l’image de l’Ecclésiaste, est très pessimiste sur l’histoire et le devenir de l’humanité. Jésus, dans ses nombreuses prophéties, parle du développement du mal avec un summum dans la mystérieuse « abomination de la désolation ». Ce sera une sorte de totalitarisme mondial qui précédera son retour (Mat 24-25). Sa mise en garde principale, dans ce contexte, est la puissance de mensonge et de séduction qui manipulera la société sur les fausses solutions, les faux messies... Dans cette confusion à venir, une chose restera selon Jésus : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront pas » (24.25). Son retour verra la victoire définitive décrite dans l’Apocalypse : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu… » (Ap 21.4)

vendredi 30 octobre 2015

Nouvelles fin octobre


J'ai donc commencé la phase 1 de mes traitements post-opératoires le 1er octobre. J’arrive dans le dernier tiers. A part un grand coup de fatigue pendant environ 1 heure 30 en milieu de traitement, la forme est plutôt bonne avec un peu moins de tonus cependant. Il ne me restait pas beaucoup de cheveux, le nombre s’est réduit davantage, surtout du côté des rayons ! Je supporte bien ma chimio pour l’instant, même au niveau de mon système immunitaire (à Gustave Roussy on parle du « Témodal » comme d'une « chimio douce »). Les soins sont assez prenants, parfois les attentes longues, mais le moral est là, l’entourage toujours aussi précieux, la foi encore plus vivante.
Merci encore à toutes les personnes qui ont à cœur ma santé et ma famille. Je ressens toujours autant cette solidarité.

Je propose un lien pour écouter une conférence que j’ai eu l’occasion de donner sur le Ps 90 la semaine passée. Pendant ces dernières semaines, de nombreux textes me sont apparus sous un angle nouveau, le Psaume de Moïse en fait partie. Il est un saisissant contraste entre l’éternité de Dieu et la fragilité humaine

mardi 13 octobre 2015

La prière la plus connue

Pour des nouvelles concernant ma santé, je renvoie aux 3 derniers "post". Rien de vraiment nouveau depuis le dernier. J'apprécie, malgré les traitements assez lourds, d'être en bonne forme.
Pour changer, je propose une réflexion sur la prière probablement la plus connue en Occident, tirée directement de la Bible en Matthieu 6.
Ce commentaire-prière avait été rédigé en 2007 pour la revue Servir en l'attendant.
Pour ceux qui veulent suivre mes dernières prédications, vous les trouverez sur le dernier post. J'y ajoute celle donnée dimanche dernier à l'Eglise Libre d'Alésia dans le cadre d'un échange entre les Gobelins et Alésia. Les 7 caractéristiques essentielles de la foi dans l'épître aux Hébreux.



Notre Père qui es dans les cieux

Mon Père ! Tu as fait de moi Ton enfant précieux depuis le jour où j’ai accueilli Ton Fils dans ma vie, le jour où j’ai mis ma confiance en Lui, Tu es devenu mon Père (Jn 1.12). Tu mets clans mon coeur Ton Esprit par lequel je peux m’écrier « Abba. Père » (Rm 8.15). Tu n’es pas seulement mon Père à moi exclusivement, Tu m’invites à prendre conscience des autres enfants de Dieu. qui, avec moi peuvent dire Notre Père. Tu m’as lié à tous ceux qui te reconnaissent comme leur véritable Père et que tu reconnais comme Tiens, Tu es dans les cieux. Tu règnes, toute autorité est entre Tes mains (Mt 6.13). Je ne veux pas craindre les aléas de la vie puisque Tu sièges dans les cieux. Tu es aussi tout près de moi. Quand je ferme la porte de ma chambre, Tu es là aussi dans le secret (Mt 6.6).

Que Ton Nom soit sanctifié

Que ma préoccupation ne tourne pas autour de mon nom. mais du Tien. Que je puisse T’honorer, T’exalter comme Tu en es digne.
Tu es saint, aide-moi à soupirer à être saint dans toute ma conduite (1 P 1.16). Que ce soit Ton Nom que je redoute et non le regard des autres ou les angoisses d’un monde sans Toi (Es 8.12-13).

Que Ton règne vienne

Je ne me fais pas trop d’illusions sur l’avenir de ce monde. J’attends le Retour de Ton Fils. Je veux veiller et prier, me préparer pour ce grand jour de l’Avènement du Fils de l’homme. Merci aussi pour la dimension de Ton règne qui est déjà présente, pour ce Royaume qui est au-dedans de moi (Lc 17.21).

Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel

Père donne-moi la force de désirer d’abord Ta volonté dans ma vie quotidienne. Que ma nourriture soit aussi de faire Ta volonté (Jn 4.34). Que dans l’épreuve ou la tentation je puisse dire : Non ma volonté, mais la Tienne (Luc 22.42).

Donne-nous notre pain de ce jour

Je te rends grâce pour ce pain quotidien que tant de personnes n’ont même pas. Apprends-moi à dépendre de toi, même pour les petites choses. Au-delà de ce pain, je sais que tu veux pourvoir à tous mes besoins essentiels. Je veux m’attendre à toi pour cela. Merci de ce que tu veux aussi me nourrir du pain de Ta parole. Apprends-moi à trouver mes délices dans Ta parole, en Toi et dans le Pain de vie (Ps 1.2 : 37.4 ; Jn 6). Tu connais aussi toutes mes préoccupations pour ceux que tu as placés sur ma route, dans ma famille. dans mon Eglise, dans mes relations. Apprends-moi à oser demander pour eux Ta bénédiction (Mt 7.7).

Pardonne-nous nos offenses

Chaque jour, mon Dieu, je t’offense par mes fautes, ou par le bien que je ne fais pas. Sonde mon coeur, éprouve-moi (Ps 139.23). Donne-moi Ta lumière pour que je voie et reconnaisse mes torts. Que Ton Esprit puisse me convaincre de péché (Jn 16.8) et que je découvre chaque jour le pardon immense qui est auprès de Toi. Merci pour Ton Fils qui n’avait jamais connu le péché et qui, à la croix, a accepté de devenir péché pour moi afin que je reçoive Ton pardon et Sa justice (2 Co 5.21).

Comme je pardonne aussi à ceux qui m’ont offensé

Pardon pour toutes les fois où je vois trop facilement les pailles dans les yeux de mes frères et je ne vois pas mes poutres (Mt 7.5). En comprenant l’immensité de Ton pardon envers moi, donne-moi aussi cet amour qui couvre une multitude de fautes (1 Pi 4.8). Aide-moi à renoncer radicalement a toute amertume envers qui que ce soit, même si dans certaines situations, je te demande le courage de parler seul à seul à celui qui m’a offensé (Mt 18.15). Sonde mon cœur pour que même les racines cachées de l’amertume puissent être ôtées et ainsi ne pas me priver de Ta grâce (Hé 12.15).

Ne nous laisse pas entrer dans la tentation

Père céleste, donne-moi la force de résister à toutes les tentations qui se présentent à moi. Comme Ton Fils, donne-moi de savoir aussi ne pas Te tenter (Mt 4.7). Développe en moi ce fruit de l’Esprit qui apporte en particulier la « maîtrise de moi-même » (Ga 5.22)

Mais délivre-nous du Malin

Pas simplement du mal. mais aussi du Malin, du Séducteur, du Tentateur. Apprends-moi à revêtir toutes les armes de Dieu et tenir ferme contre les ruses du diable (Ep 6.11). Je sais qu’il rôde comme un lion rugissant cherchant qui dévorer, donne-moi de me décharger sur Toi de tous mes soucis (1 P 5.7-8). Donne-moi de renoncer au mensonge ou à la colère afin de ne pas donner accès à Satan (Ep 4.25-27). Merci de savoir que Tu l’as vaincu à la Croix par Christ.

Car c’est à toi qu’ appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen !

samedi 10 octobre 2015

Nouvelles du 10 octobre 2015

Voilà 10 jours que j’ai commencé la chimiothérapie et la radiothérapie. La chimio se fait quotidiennement par la prise d’une gélule et la radiothérapie a lieu 5 fois par semaine à l’Institut Gustave Roussy pendant environ 15 minutes.

A part une petite fatigue et de rares nausées, le traitement se passe assez bien pour l’instant. J’ai eu néanmoins, dès le 4e jour et le 5e jour, de petites crises de spasmes musculaires : ma jambe droite (côté opposé de la tumeur) se raidit progressivement et a tendance à faire des mouvements saccadés pendant un temps assez bref. Deux médicaments semblent avoir été arrêtés trop tôt. En revenant à la prescription initiale, sous les conseils de mon neuro oncologue, je n’ai plus eu ces difficultés.
Mes journées en ce moment tournent autour de mes soins : trajets en taxi à l’IGR, séances de kiné, prises de sang, consultations… 

Heureusement il y a des temps riches de méditations bibliques qui m’aident à orienter mon regard vers « les réalités éternelles » et le détacher un peu des choses éphémères. Je poursuis quelques visites et des rencontres à l’extérieur, notamment aux Gobelins.


Cette épreuve me donne une perspective légèrement différente sur toutes les vérités spirituelles. Les prédications que j’ai données, notamment sur la première épître de Pierre (depuis environ 1 an), ont pris un sens plus fort. Pierre s’adresse à des chrétiens « éprouvés » qui ont été « choisis » par Dieu et qui sont « étrangers et voyageurs sur la terre ». La première grande section rappelle notre identité d’enfants de Dieu, nés à une nouvelle vie grâce à la mort et à la résurrection du Christ. Cette naissance s’est aussi opérée par l’écoute de la Parole de l’Evangile et l’obéissance à cette révélation. Le ton qui ressort de cette épître est une joie indicible, malgré l’épreuve.