Un grand merci à nouveau à tant de personnes qui manifestent leur amitié, leur fraternité, leur encouragement, non seulement de la France, mais de plusieurs pays où j'ai tissé quelques liens par mes responsabilités dans le protestantisme évangélique.
Jeudi 10 septembre, nous sommes allés avec mon épouse et ma fille à Gustave Roussy où nous avons reçu des explications plus précises sur la maladie et sur le protocole à suivre pendant les prochains mois. (Ceux qui n'ont pas lu le post précédent "Etat de santé au 5 septembre" ne comprendront pas grand chose!).
Les points encourageants pour commencer : la tumeur était bien un kyste qui était devenu cancéreux sur une petite zone. Elle a été retirée en grande partie, nous avons vu en détail les images du dernier scanner.
Points moins positifs : comme annoncé, il reste quelques cellules cancéreuses "très agressives" qui n'ont pas été retirées et que la médecine actuelle ne sait pas guérir, sinon accorder un sursis dont le Seigneur seul connait le terme.
Outre les séances quasi quotidiennes de kiné qui me permettent de retrouver de plus en plus l'usage de mon coté droit, le traitement suivant commencera le 1er octobre. Je cumulerai 5 fois par semaine jusqu'à mi novembre des séances d'environ 20 min de radiothérapie et une chimiothérapie. Les spécialistes ont insisté sur le fait que ce type de traitement, au vu de l'emplacement des cellules cancéreuses, ne devrait pas être pénible. La chimiothérapie devrait se poursuivre 6 mois.
Merci encore pour votre soutien. Ne soyez pas surpris si je ne réponds pratiquement pas à tous les emails, sms, messages Facebook, étant dans l'incapacité de le faire pour les centaines, voire milliers de personnes qui me laissent des messages.
Mon épouse essaie de tenir le choc ainsi que mes enfants. A chaque jour suffit sa peine. Les promesses divines prennent une nouvelle dimension.
samedi 12 septembre 2015
samedi 5 septembre 2015
Etat de santé au 5 septembre
Je suis profondément touché, voire bouleversé, par le nombre d’emails, de sms, d’appels téléphoniques de toute la France, des DOM, et de plusieurs pays du monde où on se préoccupe de ma santé. Comme il m’est impossible de répondre à chacun, et que ma précieuse épouse est elle-même un peu dépassée par cela, il nous semble plus simple de faire des communiqués en utilisant mon blog, Facebook et Twitter. Jamais nous n’avons été l’objet de tant de prières, de sympathie et de compassion que depuis qu’on m’a annoncé une lésion cérébrale.
13 juillet : journée lourde émotionnellement après l’enterrement de l’un des piliers de l'Église des Gobelins, Fredy Sturm. Nous avons reculé le départ de quelques jours de vacances avec mon épouse et ma fille. C’est le record absolu de ma vie, dans mes souvenirs, en jours de vacances programmées en famille : 5 jours de ski en février, une petite semaine en juillet dans une villa prêtée très généreusement en bord de mer par un cher collègue, suivi d’un week-end prolongé à Gap-Embrun à revoir des amis et anciens membres de la communauté où j’étais pasteur.
14 juillet : beau mariage à Toulouse de Paul et Sophie, mais fatigue importante pendant tous les trajets, quelques maux de tête attribués à la canicule.
16 juillet : première chute anormale en me penchant d’une certaine façon, mais aucune gravité puis début d’une difficulté à marcher et perte progressive de force de certains muscles du côté droit.
De retour de vacances, sur les conseils éclairés de ma fille étudiante en médecine et de mon épouse qui doit souvent me pousser pour consulter un médecin, je prends un rendez-vous.
28 juillet : consultation chez la jeune remplaçante de mon généraliste qui me fait faire une série de tests, et prescrit quelques examens biologiques soupçonnant une infection virale qui aurait été transmise par un insecte. Tous les résultats sont négatifs, on me fait comprendre que cela peut passer tout seul, mais que si la situation s’aggrave il faudra consulter éventuellement un neurologue et pousser les investigations.
8 août : chute assez violente dans la douche suite à un déséquilibre avec un choc au niveau des côtes en percutant la cuvette WC. Je ressens une douleur intense, mais les campeurs arrivent dans la journée. J’ai un programme chargé pour faire le taxi entre St-Lunaire et la gare de St-Malo et installer la sono pour les quelques 180 participants du camp. La douleur s’apaise un peu à la côte, mais les membres du côté droit sont de moins en moins réactifs. Pour la première fois, il me devient très difficile de taper des sms avec la main droite. Pris dans le rush du démarrage, je décide d’attendre les installations des campeurs et de laisser passer le week-end pour téléphoner à mon médecin et lui suggérer que je consulte les urgences de l’hôpital de St-Malo. Les trajets du premier jour pour la gare deviennent de plus en plus douloureux (heureusement Eric P. m’a aidé à en faire quelques-uns). Les réunions d’organisation du staff de direction du camp me semblent exténuantes, notamment le dimanche après le déjeuner, mais je n’en parle pas trop en disant qu’après une bonne sieste les choses iraient mieux. C’est le cas, je retrouve une certaine forme.
13 août : je suis rapatrié en ambulance dans un hôpital équipé pour la neurochirurgie, au Kremlin Bicêtre, en région parisienne. Mon épouse rentre sur Palaiseau, ma fille annule sa participation au CDJ comme animatrice pour rester proche de son père et de sa mère. Les campeurs sont un peu bouleversés et prennent beaucoup de temps dans la prière. Je ressens déjà fortement la compassion de très nombreuses personnes. Plusieurs Églises et comités dans lesquels je suis impliqué décident spontanément de prier, des amis non chrétiens ou familles s’associent à cette compassion. Accueil remarquable au Kremlin Bicêtre, hôpital que je connais assez bien pour des visites que j’y ai faites, pour la proximité de plusieurs membres de l'Église des Gobelins, pour le fait que ma fille y soit étudiante en médecine (fin de 4e année) et qu’elle a son appartement à 800 m. Le neurochirurgien explique la procédure : des examens complémentaires sur plusieurs jours, il estime qu’il sera possible de faire une exérèse (extraction) d’une bonne partie de cette « masse ». Ce ne sera qu’après l’opération prévue le 19 août que les médecins anatomopathologistes pourront commencer les analyses sur la nature de cette tumeur, sachant qu’autour du 28, j’aurai un rapport définitif des analyses. J’essaie de vivre cette parole du sermon sur la montagne : « à chaque jour suffit sa peine » et je profite des temps exceptionnels de repos forcés pour enrichir ma foi dans une lecture renouvelée de la Parole de Dieu, j’ai plusieurs occasions très naturelles pour parler de mon espérance et de profiter de la présence quotidienne de mon épouse et de ma fille (mon fils est alors en vacances au Portugal, je lui fait comprendre qu’il n’y a pas à s’inquiéter, au moins, tant que les résultats ne sont pas donnés).
19 août : Opération par craniotomie sous anesthésie générale pour enlever cette « tumeur » d’environ 2,2 sur 3 cm. L’ambiance est très aseptisée, entourée des personnes chaleureuses. Après 2 h 15 environ d’intervention, on me conduit dans la salle de réveil, d’où j’émerge progressivement. Ce sont les visages rassurants du chirurgien, de ma femme, de ma fille que je vois en premier. Premiers tests sur la mémoire, les fonctions de motricité des membres droits qui auraient pu être endommagées : tout semble parfait, malgré une grande fatigue. Dans le protocole il me faut rester 24 h au service de réanimation, aux « petits soins ». Au bout de 16 h, tout va tellement bien qu’il est décidé de me transférer dans ma chambre en neurochirurgie. Les brancardiers sont déjà sur place le jeudi à 11 h. On me retire l’habituelle sonde urinaire mise en place pour l’anesthésie. À ce moment une douleur tétanisante à la jambe droite me saisit suite à ce retrait, et 15 secondes après, un court épisode convulsif de mouvements incontrôlés de la jambe droite, puis quelques mouvements du bras droit. Je reste parfaitement conscient, mais la douleur des mouvements pendant ces quelques 30 ou 40 secondes me fatigue énormément. Chute de tension à 6. Je vois l’équipe qui s’affole un peu. Ils décident de me garder 24 h de plus en réa, mais je récupère progressivement en énergie.
21 août : retour dans la chambre de neurochirurgie, reprise progressive d’appétit et d’énergie. L’équipe médicale me rencontre dans ma chambre et je sens mon neurochirurgien embarrassé de me donner plus d’éléments avec une équipe d’internes et d’infirmières d’une solennité anormale. Il commence par m’expliquer tous les aspects positifs : le « kyste » a été ôté en grande partie, le réveil et la suite des soins se passent bien, mais… une petite partie qui apparaissait déjà sur le scanner avec une forme étrange pourrait contenir des cellules cancéreuses. Il me rappelle le verset que je lui avais cité : « A chaque jour suffit sa peine » avec ses propres mots et me dit d’attendre sereinement les résultats de l’anapath. Puis il m’assure que les radiothérapies très ciblées à Gustave Roussy devraient atteindre ce qu’il n’a pas pu enlever par précaution.
26 août : le neurochirurgien m’annonce que les résultats de l’anapath sont presque complets. Je dois lui tirer les « vers du nez » pour comprendre qu’il s’agit d’un « cancer relativement agressif ». Il me déconseille de me renseigner sur internet (chose que je faisais un peu), mais j’en parle dans les jours suivants avec au moins deux amis médecins. Une étape à la fois me répète sagement mon neurochirurgien. J’accepte, à petite dose, quelques appels et visites de la famille proche d’Isabelle ou la mienne, et de quelques amis.
30 août : je retrouve avec une grande joie l'Église des Gobelins, une forte amitié fraternelle de la part des frères et sœurs. Je prêche comme cela était prévu, avec l’accord de mon neurochirurgien.
Je suis normalement en arrêt complet jusqu’au 15 octobre, sauf pour un minimum d’activités qui ne me fatiguent pas. Autour du 10 septembre nous aurons quelques consultations à l’IGR pour la mise en place du traitement radiothérapique prévu normalement pendant plus d’un mois 5 fois par semaine en ambulatoire.
Si vous voulez un aperçu de quelques leçons spirituelles déjà tirées de cette épreuve, voici le lien du dernier message donné aux Gobelins le dimanche 30 août.
Version courte
On m’a diagnostiqué une tumeur cérébrale lors de mon hospitalisation à St-Malo. J’ai subi son exérèse le 19 août au du Kremlin-Bicêtre. Une bonne partie a été enlevée ; le neurochirurgien n’a pas pris le risque de tout retirer afin de préserver les fonctions essentielles de la partie atteinte du cerveau. Les analyses ont montré que les cellules étaient cancéreuses. Une radiothérapie devrait commencer autour du 10 ou 15 septembre en ambulatoire à l’Institut Gustave Roussy (IGR) de Villejuif. Je suis en arrêt quasi complet jusqu’au 15 octobre ; la forme revient progressivement. Une étape à la fois. Nous sommes dans la confiance en notre Bon Berger.Version plus détaillée
Cette version donne plus de précisions et anticipe les questions les plus fréquentes qu’on me pose souvent (ou qu’on pose à mon épouse). Actuellement l’une des choses qui me fatiguent le plus est de répéter plusieurs fois dans la journée les mêmes explications. Par la force des choses, je dois apprendre à progresser pour dire « non », quitte à indisposer mes interlocuteurs.Rappel des circonstances et des signes précurseurs
Février 2015 : nous avons eu une des rares sorties en famille de 5 journées de ski dans les Hautes Alpes. Temps inoubliable avec mon épouse et mes deux enfants. Pourtant j’ai ressenti une fatigue anormale, notamment sur les pistes rouges ou noires dans le fonctionnement de certains muscles de la jambe et tout le côté droit. Je n’en ai pas parlé, pensant qu’à 55 ans on ne skie plus comme à 30 ans. Je récupérais assez bien chaque soir, mais je devenais prudent dans mes descentes après deux petites chutes sans gravité.13 juillet : journée lourde émotionnellement après l’enterrement de l’un des piliers de l'Église des Gobelins, Fredy Sturm. Nous avons reculé le départ de quelques jours de vacances avec mon épouse et ma fille. C’est le record absolu de ma vie, dans mes souvenirs, en jours de vacances programmées en famille : 5 jours de ski en février, une petite semaine en juillet dans une villa prêtée très généreusement en bord de mer par un cher collègue, suivi d’un week-end prolongé à Gap-Embrun à revoir des amis et anciens membres de la communauté où j’étais pasteur.
14 juillet : beau mariage à Toulouse de Paul et Sophie, mais fatigue importante pendant tous les trajets, quelques maux de tête attribués à la canicule.
16 juillet : première chute anormale en me penchant d’une certaine façon, mais aucune gravité puis début d’une difficulté à marcher et perte progressive de force de certains muscles du côté droit.
De retour de vacances, sur les conseils éclairés de ma fille étudiante en médecine et de mon épouse qui doit souvent me pousser pour consulter un médecin, je prends un rendez-vous.
28 juillet : consultation chez la jeune remplaçante de mon généraliste qui me fait faire une série de tests, et prescrit quelques examens biologiques soupçonnant une infection virale qui aurait été transmise par un insecte. Tous les résultats sont négatifs, on me fait comprendre que cela peut passer tout seul, mais que si la situation s’aggrave il faudra consulter éventuellement un neurologue et pousser les investigations.
Arrivée à St-Lunaire
7 août : début de 23 jours qui s’annoncent intenses et passionnants au centre de St-Lunaire en Bretagne pour un camp jeunes et familles, puis une série de formations bibliques dans le cadre du programme CFB-REF (formation pour futurs responsables dans les CAEF).8 août : chute assez violente dans la douche suite à un déséquilibre avec un choc au niveau des côtes en percutant la cuvette WC. Je ressens une douleur intense, mais les campeurs arrivent dans la journée. J’ai un programme chargé pour faire le taxi entre St-Lunaire et la gare de St-Malo et installer la sono pour les quelques 180 participants du camp. La douleur s’apaise un peu à la côte, mais les membres du côté droit sont de moins en moins réactifs. Pour la première fois, il me devient très difficile de taper des sms avec la main droite. Pris dans le rush du démarrage, je décide d’attendre les installations des campeurs et de laisser passer le week-end pour téléphoner à mon médecin et lui suggérer que je consulte les urgences de l’hôpital de St-Malo. Les trajets du premier jour pour la gare deviennent de plus en plus douloureux (heureusement Eric P. m’a aidé à en faire quelques-uns). Les réunions d’organisation du staff de direction du camp me semblent exténuantes, notamment le dimanche après le déjeuner, mais je n’en parle pas trop en disant qu’après une bonne sieste les choses iraient mieux. C’est le cas, je retrouve une certaine forme.
Hospitalisation
10 août : le week-end terminé, je décide de joindre par téléphone la remplaçante de mon médecin de Palaiseau qui me propose de prendre un rendez-vous au plus tôt chez un neurologue, mais face à la douleur qui s’amplifie à une côte, elle concède qu’une solution plus rapide serait d’aller aux urgences. A 14 h 30 nous arrivons péniblement avec mon épouse aux urgences. Attente d’un quart d’heure pour se faire enregistrer, puis d’une heure pour voire une aide-soignante, une heure de plus pour voire une infirmière, et encore une heure pour voir l’interne. Sans trop m’expliquer, on me met sous perfusion pour faire un scanner puis une IRM. On me fait comprendre que je ne pourrais pas rentrer le soir à St-Lunaire où j’avais plusieurs entretiens programmés de relation d’aide. Puis vers 22 h, on m’annonce que j’ai une « lésion » au cerveau et un gros œdème autour. Le lendemain, la neurologue de l’hôpital m’explique qu’il s’agit d’une « masse », mais que tant que des examens plus poussés ne seront pas faits, on ne pourra pas dire si c’est une infection, un kyste ou un cancer.13 août : je suis rapatrié en ambulance dans un hôpital équipé pour la neurochirurgie, au Kremlin Bicêtre, en région parisienne. Mon épouse rentre sur Palaiseau, ma fille annule sa participation au CDJ comme animatrice pour rester proche de son père et de sa mère. Les campeurs sont un peu bouleversés et prennent beaucoup de temps dans la prière. Je ressens déjà fortement la compassion de très nombreuses personnes. Plusieurs Églises et comités dans lesquels je suis impliqué décident spontanément de prier, des amis non chrétiens ou familles s’associent à cette compassion. Accueil remarquable au Kremlin Bicêtre, hôpital que je connais assez bien pour des visites que j’y ai faites, pour la proximité de plusieurs membres de l'Église des Gobelins, pour le fait que ma fille y soit étudiante en médecine (fin de 4e année) et qu’elle a son appartement à 800 m. Le neurochirurgien explique la procédure : des examens complémentaires sur plusieurs jours, il estime qu’il sera possible de faire une exérèse (extraction) d’une bonne partie de cette « masse ». Ce ne sera qu’après l’opération prévue le 19 août que les médecins anatomopathologistes pourront commencer les analyses sur la nature de cette tumeur, sachant qu’autour du 28, j’aurai un rapport définitif des analyses. J’essaie de vivre cette parole du sermon sur la montagne : « à chaque jour suffit sa peine » et je profite des temps exceptionnels de repos forcés pour enrichir ma foi dans une lecture renouvelée de la Parole de Dieu, j’ai plusieurs occasions très naturelles pour parler de mon espérance et de profiter de la présence quotidienne de mon épouse et de ma fille (mon fils est alors en vacances au Portugal, je lui fait comprendre qu’il n’y a pas à s’inquiéter, au moins, tant que les résultats ne sont pas donnés).
19 août : Opération par craniotomie sous anesthésie générale pour enlever cette « tumeur » d’environ 2,2 sur 3 cm. L’ambiance est très aseptisée, entourée des personnes chaleureuses. Après 2 h 15 environ d’intervention, on me conduit dans la salle de réveil, d’où j’émerge progressivement. Ce sont les visages rassurants du chirurgien, de ma femme, de ma fille que je vois en premier. Premiers tests sur la mémoire, les fonctions de motricité des membres droits qui auraient pu être endommagées : tout semble parfait, malgré une grande fatigue. Dans le protocole il me faut rester 24 h au service de réanimation, aux « petits soins ». Au bout de 16 h, tout va tellement bien qu’il est décidé de me transférer dans ma chambre en neurochirurgie. Les brancardiers sont déjà sur place le jeudi à 11 h. On me retire l’habituelle sonde urinaire mise en place pour l’anesthésie. À ce moment une douleur tétanisante à la jambe droite me saisit suite à ce retrait, et 15 secondes après, un court épisode convulsif de mouvements incontrôlés de la jambe droite, puis quelques mouvements du bras droit. Je reste parfaitement conscient, mais la douleur des mouvements pendant ces quelques 30 ou 40 secondes me fatigue énormément. Chute de tension à 6. Je vois l’équipe qui s’affole un peu. Ils décident de me garder 24 h de plus en réa, mais je récupère progressivement en énergie.
21 août : retour dans la chambre de neurochirurgie, reprise progressive d’appétit et d’énergie. L’équipe médicale me rencontre dans ma chambre et je sens mon neurochirurgien embarrassé de me donner plus d’éléments avec une équipe d’internes et d’infirmières d’une solennité anormale. Il commence par m’expliquer tous les aspects positifs : le « kyste » a été ôté en grande partie, le réveil et la suite des soins se passent bien, mais… une petite partie qui apparaissait déjà sur le scanner avec une forme étrange pourrait contenir des cellules cancéreuses. Il me rappelle le verset que je lui avais cité : « A chaque jour suffit sa peine » avec ses propres mots et me dit d’attendre sereinement les résultats de l’anapath. Puis il m’assure que les radiothérapies très ciblées à Gustave Roussy devraient atteindre ce qu’il n’a pas pu enlever par précaution.
26 août : le neurochirurgien m’annonce que les résultats de l’anapath sont presque complets. Je dois lui tirer les « vers du nez » pour comprendre qu’il s’agit d’un « cancer relativement agressif ». Il me déconseille de me renseigner sur internet (chose que je faisais un peu), mais j’en parle dans les jours suivants avec au moins deux amis médecins. Une étape à la fois me répète sagement mon neurochirurgien. J’accepte, à petite dose, quelques appels et visites de la famille proche d’Isabelle ou la mienne, et de quelques amis.
Suite hospitalisation
28 août : retour à la maison, heureux de me retrouver entouré par ma famille.30 août : je retrouve avec une grande joie l'Église des Gobelins, une forte amitié fraternelle de la part des frères et sœurs. Je prêche comme cela était prévu, avec l’accord de mon neurochirurgien.
Je suis normalement en arrêt complet jusqu’au 15 octobre, sauf pour un minimum d’activités qui ne me fatiguent pas. Autour du 10 septembre nous aurons quelques consultations à l’IGR pour la mise en place du traitement radiothérapique prévu normalement pendant plus d’un mois 5 fois par semaine en ambulatoire.
Contacts
Ne soyez pas surpris si je ne réponds pas à tous les messages (qui me procurent, très souvent, un grand plaisir lorsqu’il n’y a pas une réponse attendue). Si vous avez des questions sur ma santé, consulter mon blog. Je renvoie à Peter Saint-Fleur pour les questions générales concernant l’Église des Gobelins, à Eric Lehrmann pour l’évangélisation aux Gobelins, à Eric Waechter pour le Réseau FEF, à Clément Diedrichs et Eric Waechter pour le CNEF, à Pierre Bariteau et Dominique Ferret pour les CAEF, à Pierre Klipfel pour les cours à l’IBG, à Christophe Kreiss pour la convention biblique de Palaiseau, à Jean-Claude Chong pour le projet de voyage en Israël d’avril 2016, compromis pour l’instant. Si vous ne trouvez pas ces coordonnées, vous pouvez les demander à Isabelle. En revanche, je pourrais répondre directement aux personnes avec qui j’ai des engagements de visites que je prévois en partie conserver.Conclusion
Merci encore pour votre soutien à tous. Je comprends mieux pourquoi Paul demandait si souvent la prière pour lui et l’œuvre de Dieu. Le Seigneur m’a montré plus clairement qu’il se passe quelque chose dans le monde céleste lorsque nous intercédons. Dans la « plasticité » souveraine de Dieu, il concède quelques sursis tout en accomplissant ses plans. Je vous sollicite aussi pour persévérer dans la prière, pour moi, mon épouse, mes enfants, mais aussi les Églises, les comités auprès de qui j’ai assumé certaines responsabilités. Le Seigneur ne se trompe pas, même si nous ne comprenons pas toujours Ses voies.Si vous voulez un aperçu de quelques leçons spirituelles déjà tirées de cette épreuve, voici le lien du dernier message donné aux Gobelins le dimanche 30 août.
vendredi 29 mai 2015
Suite sur la pseudo bénédiction des couples homosexuels
Décidément, le sujet préoccupe beaucoup les Eglises, surprend une partie de nos contemporains, en agace profondément certains, et suscite des ovations chez d'autres.
Même si nous sommes appelés à bénir notre prochain, à accueillir comme Jésus nous a accueillis, la Bible pose clairement des limites. Le dernier post de ce blog donnait la position du Réseau FEF à ce sujet (et ma position aussi).
J'ajoute, dans cette confusion actuelle, un article que j'ai été surpris de trouver en numéro 1 sur Google lorsque l'on tape "Bible et homosexualité". Il s'agit d'un texte que j'ai écrit il y a quelques années sur ce sujet pour la revue des Eglises CAEF, Servir en l'attendant.
Je transmets aussi la pertinente revue de presse réalisée par le service communication du CNEF sur les différentes réactions à ce sujet.
- Communiqué de presse du CNEF : bénédiction des couples de personne de même sexe, une décision consternante pour les protestants évangéliques
- Bénédiction des mariages homos par l'Église protestante : certains croyants peu enthousiastes (BFM. TV)
- France : les évangéliques réagissent à la décision des l'EPUdF de bénir les couples gays (evangeliques.info)
- Bénédiction des couples homosexuels : l'église protestante unie de France voulait "partager ses convictions" (RTL.fr)
- Les protestants pourront bénir les couples homosexuels (La Croix)
- Mgr Pierre-Marie Carré : "L'Église catholique veut éviter toute confusion avec le mariage" (La Croix)
- Le mariage pour tous pousse les portes du temple (Libération)
- L'Église protestante de France célébrera des mariages gays (RND)
- Bénédiction de couples homosexuels : le Conseil des évangéliques "consterné" (RTL.info)
- Bénédiction de couples homosexuels : critiques vives des protestants évangéliques (La Croix)
- Mariage des homosexuels autorisé chez les protestants : "On ne peut pas prendre la Bible au pied de la lettre (FranceTV.info)
- Bénédiction des couples homosexuels : l'UEPAL se donne du temps (France 3)
- Un pasteur orléanais en désaccord avec la bénédiction des homosexuels (France 3)
- Eglise protestante unie : la bénédiction des couples de même sexe n'ébranle pas les évangéliques de la FPF (christianisme aujourd'hui)
- L'Église protestante unie de France adopte la possibilité de bénir les couples homosexuels (France Bleu)
- L'Église protestante unie (moins de 30% des églises protestantes de France) s'est suicidée ce week-end (Nouvelles de France)
- Le mariage gay trouve grâce aux yeux des pasteurs (La Nouvelle République)
- Les chrétiens restent profondément divisés sur le mariage gay (Slate.fr)
- L'église protestante Mao'hi contre la bénédiction des couples homosexuels (Polynésie 1ere)
- Les couples homos bénis par l'Église protestante : qu'en pensent les autre religions ? (BFM.TV)
- Église protestante : la bénédiction des couples homosexuels ne se fera pas au Fenua (La dépêche de Tahiti)
- Bénédiction des couples homosexuels : "une décision historique" (Réforme)
- Unions homosexuelles : "tout ne peut être béni" (famillechretienne.fr)
- "Unis pour le pire" (Le Quotidien)
- Mariage homosexuel : la Fédération des église évangéliques Burkinabé condamne (Burkina 24)
- La paroisse du Marais dit son désaccord avec le synode mais renonce à démissionner de l'EPUdF (evangeliques.info)
- Villeneuve-d'Ascq : "Nous ne bénirons pas les mariages homosexuels dans notre église !" (Nordéclair)
mardi 19 mai 2015
Homosexualité et protestantisme
Ce fut un scoop pour beaucoup, le 17 mai 2015, lorsque l’une
des principales dénominations du protestantisme français (EPUdF) a donné le feu
vert à une « bénédiction » des mariages homosexuels.
Confusion
Depuis, une certaine confusion règne dans les médias.
D’abord, par le titre même de cette dénomination. « Église Protestante
Unie de France » pourrait donner l’impression qu’elle regroupe
l’ensemble du protestantisme. En regardant de plus près, il s’agit de la fusion
en 2013 des « ex » Églises Réformées et Luthériennes. Cette union
revendique environ 110.000 membres actifs. Pour donner un ordre d’idée, le CNEF
regroupant une grande partie du courant évangélique du protestantisme français,
revendique 400.000 membres actifs.
Deuxième confusion, les médias ont souvent simplifié la
déclaration détaillée
pour ne retenir que la « bénédiction des couples homosexuels ». Le
point 4.2.1 de cette déclaration nuance quelque peu les propos en soulignant
que cette « bénédiction » ne fera pas l’unanimité dans les Églises.
« C’est le témoignage des Écritures qui font de l’amour fidèle d’un
couple homme‐femme une parabole de la fidélité de Dieu pour son
peuple. Mais, nous n’en tirons pas tous les mêmes conséquences : pour
certains, seuls de tels couples peuvent être bénis liturgiquement, tandis que
pour d’autres, la bénédiction de Dieu ne saurait être liée à l’orientation
sexuelle ».
Décision préparée de longue date
Il n’y a rien de bien nouveau dans ces affirmations. Par exemple, en 2004, bien avant le mariage
pour tous, la Communion Protestante Luthéro-Réformée (CPLR) avait
exprimé sa grande ouverture dans l’accueil des homosexuels dans une déclaration, tout en
affirmant qu’il n’était pas, à ce moment-là, opportun d'envisager un culte de bénédiction
qui entretiendrait la confusion entre couple homosexuel et hétérosexuel.
Avons-nous la même Bible ?
Plusieurs personnes se demandent pourquoi le protestantisme
peut aboutir à des conclusions si différentes, entre par exemple l’EPUdF et le
CNEF, alors qu’il n’y a une seule Bible. La réponse est assez simple, la Bible
n’est pas lue de la même façon, selon les « présupposés » des
différentes Églises protestantes.
Une phrase est révélatrice dans la déclaration de mai
2015 : « Sans figer les Écritures dans la lettre
d’une loi immuable, elle (l’EPUdF)
entend être fidèle à l’Évangile de Jésus‐Christ et à son exigence,
fondement de sa foi et de son espérance »
(1.4). Par crainte de « figer les Écritures », une partie du
protestantisme se distancie dangereusement du contenu de la Bible. D’ailleurs,
que pouvons-nous connaître de « l’Evangile de Jésus-Christ et de son
exigence », si nous ne prenons pas au sérieux ces textes bibliques.
En creusant davantage, on découvre un raisonnement proche de
celui des Sadducéens, à l’époque de Jésus, qui ne croyaient ni aux anges, ni à
la résurrection (Mc 12.18-27). Leur « raison » et leur
« sagesse » étaient placées subtilement au-dessus de la révélation
biblique. Pas étonnant que Jésus leur réponde : « N’êtes-vous pas
dans l’erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de
Dieu ? ».
Un certain nombre de protestants de renom ont pris du recul
face aux affirmations bibliques et leur application dans les débats
(bio)éthiques. Denis Müller dans l’Encyclopédie du Protestantisme
(article bioéthique) affirme : « Il est toujours sage de commencer
avec des principes scripturaires les plus larges possibles, qui sont énoncés
tout au long de la Bible. Il n’est pourtant que trop manifeste que le
développement de la bioéthique théologique a coïncidé avec des remises en
question des écrits bibliques, de leur autorité et de leur interprétation.
L’idée d’une unité de la Bible a été sérieusement contestée… ».
Les approches « pseudo-scientifiques » comme la
lecture « historico-critique » ont cherché à contester la dimension
divine de l’inspiration biblique, et donc l’unité de ce texte. De ces
raisonnements, il est facile de réinterpréter la Bible pour la conformer à
l’air du temps.
Pour une autre partie du protestantisme, en évitant de
glisser dans un littéralisme naïf, la Bible fait autorité. Jésus dit
lui-même : « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne
passeront pas » (Marc 13.31). Le Christ affirme la cohérence absolue
des Écritures (pour l’Ancien Testament) et sa pleine inspiration (Mat 5.18),
même s’il en donne une compréhension renouvelée à la lumière de ses paroles et
de son œuvre.
Pour
faire simple, le protestantisme appelé « évangélique » maintient haut
et fort son attachement à la Bible en tant que révélation divine donnée à
l'humanité. Ce statut de l'Écriture a été abandonné par une partie
significative du protestantisme.
Faire le bon choix
Comme autrefois, Jésus ne force personne à le suivre, mais
comme il l’affirme dans ses paroles d’envoi à ses apôtres : « Tout
pouvoir m’a été donné dans le ciel et sur la terre. Allez, faites de toutes les
nations des disciples… enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai
prescrit » (Mat 28.19-20). On peut difficilement se réclamer du
Christ, sans chercher à observer tout ce qu’il nous a prescrit. Si
l’enseignement de Jésus nous encourage à l’accueil à la compassion de notre
prochain, il n’abolit en rien les repères moraux de la Loi mosaïque, notamment
sur le sens du mariage exclusivement entre un homme et une femme (Mat
5.17 ; 19.5). Son enseignement se prolonge dans le reste du Nouveau
Testament notamment en Rm 1.26-28, 1 Co 6.9, 1 Ti 1.9, où l’homosexualité, avec
d’autres dérives, est condamnée sans ambiguïté.
En attendant que soit publiés les actes de l’Assemblée Générale
de 2014 abordant plus en détail la question de l’homosexualité, nous renvoyons
au pertinent communiqué
du CNEF suite à la déclaration de l’EPUdF.
Reynald Kozycki
Président du Réseau FEF
Texte relu et approuvé par l’ensemble du comité national
samedi 16 mai 2015
Il manque une chose ?
« Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu » Marc 1.1
« Cet
Évangile, qu’il avait déjà promis par ses prophètes dans les Écritures saintes,
concerne son Fils, issu selon la chair de la lignée de David… » Ro
1.1-3
Lorsque
j’étais ado, j’aimais bien me dépenser dans de belles parties de foot. Je me
rappelle, entre autres, de tentatives de dribbles, où je réussissais à passer
l’adversaire, mais en me faisant prendre le ballon. Il m’arrivait parfois de
continuer de courir après avoir perdu le ballon ; après quelques secondes,
je disais : « Ah, j’ai oublié quelque chose ! » en
regardant le ballon derrière moi.
On peut
s’agiter dans tous les sens sur le terrain, mais, sans le ballon, le moins
qu’on puisse dire, c’est qu’il manque quelque chose.
L’histoire
de la chrétienté nous fait découvrir que parfois des Églises ou des groupements
d’Églises se sont tellement bien structurés dans leurs agitations humaines
qu’elles n’ont plus eu besoin du Seigneur Jésus-Christ (en tout cas, le vrai).
Elles ont « oublié quelque chose ». Je me dis aussi que dans
l’agitation de nos Églises, de nos unions, de nos fédérations, nous avons le
danger d’oublier « quelque chose », l’essentiel, à savoir Jésus
lui-même.
Je suis
pourtant persuadé en tant que pasteur, responsable d’union, président du Réseau
FEF que l’organisation de nos Églises est essentielle. Je me réjouis de toutes les avancées dans le témoignage et l'organisation de nos Eglises. Néanmoins, comme les deux versets d’introduction le
rappellent, le centre de l’Évangile, de la Bonne Nouvelle, le cœur de
notre espérance, le but de nos vies se focalisent non sur des activités, ni
même sur des formulations, des concepts…, mais sur une personne, Jésus Fils de
Dieu et Fils de l’homme.
« Ainsi
donc, nous aussi, qui avons autour de nous une telle nuée de témoins, rejetons
tout fardeau et le péché qui sait si bien nous entourer, et courons avec
endurance l’épreuve qui nous est proposée, les regards fixés sur celui qui est
l’initiateur de la foi et qui la mène à son accomplissement, Jésus »
(Héb 12.1-2, TOB).
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