samedi 4 octobre 2014
Conflit israélo-palestinien
Terrain miné !
J'ai eu l'occasion, fin septembre, de donner une conférence sur ce sujet. Je découvre à nouveau qu'il n'existe pas réellement d'histoire "objective". Nous avons tendance à réécrire l'histoire dans le sens que nous impose notre propre angle de vue et nos différents "formatages". A plus forte raison, lorsque les débats religieux s'en mêlent.
Fin XIXe, au crépuscule de l'Empire Ottoman, les premières immigrations juives sont tolérées au compte-goutte. La déclaration de Balfour en 1917 ouvre une porte encore plus grande, malgré les contradictions dans la diplomatie anglaise de l'après Première guerre mondiale. L'achat massif de terres en Israël dans les années 1920-1940 provoque de violentes réactions...
J'ai tenté, après avoir suivi ce débat sous plusieurs angles de faire une courte synthèse de l'histoire de ces lieux hautement sensibles. Dans un deuxième temps, j'ai osé ouvrir la Bible sur les textes clés abordant ce sujet...
Je donne même un accès libre à cette conférence..., pour l'instant !
A télécharger en mp3 à ce lien.
samedi 20 septembre 2014
L’évènement de la rentrée !
De quel livre s’agit-il ? ou quel film ? ou quel
nouveau produit ?
Pendant cette rentrée, j’ai été interpellé, entre autres,
par le show sur l’IPhone 6 et sa montre connectée (le peu que j’en ai vu au
moins). Il y a un côté messianique dans toutes les entreprises prestigieuses. À
chaque nouvelle sortie, elles arrivent à faire croire que notre vie va être
bouleversée par ce produit miracle.
Quel est l’évènement de la rentrée pour vous ?
En méditant l’Évangile, j’ai été à nouveau interpellé
(beaucoup plus que pour l’IPhone !) par un autre évènement.
Le propre d’un grand évènement, c’est que son impact dure
longtemps.
L’apôtre Jean introduit sa première lettre par l’évènement
le plus bouleversant de l’histoire, voire de l’éternité. Celui qui était dès le
commencement, Celui qui était auprès du Père, qui dévoile la Vie véritable,
étant lui-même la Vie, s’est manifesté. Ce verbe (phanèroo) chez
Jean, raisonne comme un évènement unique, éclatant. Jean a lui-même vu,
contemplé, touché, ce Fils éternel et le fait connaitre. Par la foi en lui nous
sommes conduits dans une relation vivante avec le Père et avec le Fils (Jean
appelle cela la « communion »). Cet évènement englobe la venue, le
parcours, le message, la mort, la résurrection et l’élévation de Jésus. C’est
l’évènement indétrônable du message biblique.
C’est aussi cette découverte qui a bouleversé de manière
définitive ma propre vie.
C’est la Bonne Nouvelle de la manifestation de l’amour de
Dieu en Jésus Christ que nous annonçons.
Tous les grands évènements pseudo messianiques de ce monde
font pâle figure.
Notre défi pour cette rentrée en tant qu’Églises, attachées à l’Évangile, c’est d’approfondir cette communion avec
Jésus-Christ pour vivre davantage ce message en aimant Dieu et notre prochain
et en le faisant connaître cette bonne nouvelle.
mardi 26 août 2014
Grandir dans la connaissance de Dieu
On m'a demandé récemment de publier un article sur le site Rébullition sur quelques conseils de croissance spirituelle pour de jeunes chrétiens. Je pense que quelque soit notre degré d'avancement, ces principes me paraissent s'appliquer. Je les ai résumés en 7 points :
- Grandir dans l’assurance du salut
- S’enraciner dans la grâce de Dieu
- Se consacrer sans réserve
- Prendre le temps chaque jour avec Dieu
- Persévérer dans la vie d’Église
- Développer de saines ambitions pour le service de Dieu
- Lutter contre les idoles
samedi 2 août 2014
Drame en Irak et en Syrie
Dans le lot de catastrophes dont nous sommes abreuvés ces
derniers jours, nous sommes particulièrement sensibles, en tant
qu’Évangéliques, au sort des chrétiens au Proche Orient. Nous saluons les
articles et les reportages qui dénoncent l’établissement d’un califat par
l’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL). Depuis l’époque de Saddam
Hussein, puis l’intervention des États-Unis, les choses se sont beaucoup
dégradées, notamment pour les minorités religieuses. Des centaines de familles
de chrétiens ont dû fuir Mossoul avant l’application de l’ultimatum de l’EIIL
menaçant de passer les chrétiens par le fil de l’épée s’ils ne fuient pas ou
s’ils ne se convertissent à l’Islam ou s’ils n’acceptent pas le statut
humiliant de « dhimmi ». Les fanatiques djihadistes sunnites
de l’EIIL, tout en étant condamnés par l’ONU et la Ligue Arabe, ne font que
suivre une lecture littérale du Coran, notamment de la Sourate 9 (voir la
réflexion de Claude
Sicard sur le Figaro). La tragédie est que 300.000 chrétiens et musulmans
chiites se sont réfugiés dans le Kurdistan, au nord de l’Irak (40.000 chrétiens
selon Portes Ouvertes). Nous saluons la décision du gouvernement
français : « Nous sommes prêts, s'ils le souhaitent, à en
favoriser l'accueil sur notre sol au titre de l'asile » déclarent les
ministres Bernard Cazeneuve et Laurent Fabius. La situation en Irak et en Syrie
est des plus préoccupantes : « Ultime désastre pour
Washington ; tragédie sans fin pour les Irakiens et les Syriens ;
menace à venir pour les Européens » comme l’écrivait Le
Monde du 11 juin, d’autant que l’EIIL supplante Al-QuaÏda dans la région et
séduit des milliers de jeunes musulmans européens venus combattre dans ses
rangs en Syrie.
L’ONG évangélique Portes
Ouvertes propose de recueillir une aide pour ces chrétiens.
Au-delà du combat purement humain, nous sommes confrontés à
des puissances spirituelles que Paul nomme « Autorités, Pouvoirs,
Dominateurs de ce monde de ténèbres, esprits du mal qui sont dans les
cieux » (Ep 6.12). L’action principale proposée dans ce texte est
l’intercession. Persévérons dans la prière pour le monde qui nous entoure,
notamment pour nos frères et sœurs maltraités dans la foi (Héb 13.3).
jeudi 24 juillet 2014
La paix à Jérusalem ?
Photo prise par l'auteur le 12 juillet 2014
« Demandez la paix de Jérusalem. Que ceux qui
t’aiment jouissent du repos ! Que la paix soit dans tes murs, Et la
tranquillité dans tes palais ! » Ps 122.6-7
J’ai passé récemment 10 jours en Israël où j’ai accompagné
un groupe de chrétiens (les 8-18 juillet). Cette prière du Ps 122 prend pour
moi une autre dimension après avoir été témoin du climat tendu dans ce pays,
même si nous n’avons pas vraiment été inquiétés à l’exception d’une alerte aux
roquettes.
Le chrétien évangélique a souvent du mal à se positionner
dans ce conflit israélo-palestinien qui fait régulièrement la une des
médias. Certains seraient tentés de rejoindre l’approche de mouvements
israéliens extrémistes comme le Kach,
affirmant que la nation d’Israël doit retrouver ses frontières bibliques et que
les Arabes n’ont aucun droit sur cette terre (ce parti nationaliste religieux a
été considéré pendant des années comme terroriste par plusieurs nations, suite,
notamment au massacre d’Hébron en 1994). D’autres, au contraire, seraient
tentés par l’approche du Hamas,
encore plus radicale, reniant à Israël tout droit, voire toute existence au
Proche-Orient (conformément à une lecture littérale possible des sourates
post-hégires du Coran).
Sur ce débat de la place d’Israël, je rejoins, en
grande partie, les positions de l’Alliance Evangélique mondiale et du comité de
Lausanne, appelées aussi la déclaration de Willobank de 1989. Dans son
préambule, elle affirme : « Soucieux de justice pour tous les
hommes, nous plaidons résolument le droit du peuple juif à jouir d’une
existence paisible, en Israël ou dans ces communautés dispersées dans le monde.
Nous dénonçons toutes les persécutions perpétrées dans le passé contre les
juifs par des hommes se disant chrétiens, et nous nous engageons
personnellement à résister contre toute forme d’antisémitisme. Nous ne pouvons
pas faire mieux, pour exprimer notre amour, qu’encourager le peuple juif, avec
tous les autres peuples, à recevoir le don de la vie que Dieu fait par Jésus le
Messie et, en conséquence, nous nous réjouissons vivement du nombre croissant
de juifs chrétiens ». Dans son dernier article, cette déclaration
affirme : « Nous apportons notre soutien au désir des juifs de
disposer d’une patrie aux frontières sûres et de jouir d’une juste paix. Nous
démentons que le lien établi par les Écritures entre le peuple juif et la terre
d’Israël justifie des actes qui s’opposent à l’éthique biblique et qui
oppressent des individus ou des communautés ». Voir le texte entier.
La situation est d’une énorme complexité. Toutes les
tentatives de médiation n’ont jamais pu aboutir sérieusement. L’envoi incessant
de roquettes sur Israël de la part du Hamas et les réactions de l’armée
israélienne nous rappellent qu’il y a encore du chemin à parcourir. En parlant
récemment à un Israélien, il me disait, un peu en plaisantant, mais aussi de
manière prophétique, que la seule véritable solution sera apportée par la venue
du Messie ! À la lecture de la révélation biblique, nous ne pouvons
qu’approuver cette réponse. Dans l’enseignement de Jésus, les événements
énigmatiques autour de Jérusalem sont à suivre de près : « Car il
y aura une grande détresse dans le pays (d’Israël), et de la colère contre ce
peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs
parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations,
jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis… Alors on verra le Fils
de l’homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire »
(Luc 21.24-27). Sans s’aventurer dans des interprétations
« farfelues » de ces textes, on peut déduire qu’un retour du peuple
d’Israël dans son pays, notamment à Jérusalem, mettra fin aux « temps des
nations », période présentée comme l’un des signes du retour du Messie.
Comment prier pour ce pays ? Nous avons besoin de
l’Esprit-Saint dans notre intercession, parce que nous ne savons pas vraiment ce
qu’il convient de demander dans nos prières (Ro 8.26). J’oserai trois
directions :
- À court terme, la paix de la nation, un peu dans le sens où Jérémie le demandait pour ceux qui étaient en exil à Babylone : « Recherchez le bien de la ville… et priez l’Eternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien » (Jér 29.7). Ce principe peut s’appliquer à plus forte raison à Jérusalem dans le sens du Ps 122 cité en introduction.
- Dans le court terme, prions aussi pour les Palestiniens de la bande de Gaza (ils sont, comme chaque être humain, « notre prochain » que nous devons aimer comme nous-mêmes). Ce peuple est une fois de plus victime de la pression du Hamas qui les utilise comme bouclier humain, victime aussi des attaques de l’armée israélienne.
- A plus long terme, prions pour l’accomplissement des prophéties comme celles de Zacharie : « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né » (12.8-10). L’apôtre Jean rapporte cette parole à Jésus qui a été « percé » à la croix (19 .37). Chaque fois qu’un pêcheur se repent (de quelque nation qu’il soit), il y a de la joie dans le ciel de ce que « les regards de cette personne se tournent vers le Seigneur ». Il y aussi une joie particulière lorsqu’une personne du peuple d’Israël anticipe cette grande promesse du prophète Zacharie en se tournant vers le Messie crucifié.
« Que la paix soit dans tes murs, Jérusalem, et la
tranquillité dans tes palais ! » Ps 122.7. Aujourd’hui cela parait
totalement utopique, mais les paroles de Dieu s’accomplissent toujours, et il
entend nos prières.
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