mardi 26 août 2014

Grandir dans la connaissance de Dieu


On m'a demandé récemment de publier un article sur le site Rébullition sur quelques conseils de croissance spirituelle pour de jeunes chrétiens. Je pense que quelque soit notre degré d'avancement, ces principes me paraissent s'appliquer. Je les ai résumés en 7 points :
  1. Grandir dans l’assurance du salut
  2. S’enraciner dans la grâce de Dieu
  3. Se consacrer sans réserve
  4. Prendre le temps chaque jour avec Dieu
  5. Persévérer dans la vie d’Église
  6. Développer de saines ambitions pour le service de Dieu
  7. Lutter contre les idoles
Vous pouvez voir le développement à ce lien.

samedi 2 août 2014

Drame en Irak et en Syrie


Dans le lot de catastrophes dont nous sommes abreuvés ces derniers jours, nous sommes particulièrement sensibles, en tant qu’Évangéliques, au sort des chrétiens au Proche Orient. Nous saluons les articles et les reportages qui dénoncent l’établissement d’un califat par l’État Islamique en Irak et au Levant (EIIL). Depuis l’époque de Saddam Hussein, puis l’intervention des États-Unis, les choses se sont beaucoup dégradées, notamment pour les minorités religieuses. Des centaines de familles de chrétiens ont dû fuir Mossoul avant l’application de l’ultimatum de l’EIIL menaçant de passer les chrétiens par le fil de l’épée s’ils ne fuient pas ou s’ils ne se convertissent à l’Islam ou s’ils n’acceptent pas le statut humiliant de « dhimmi ». Les fanatiques djihadistes sunnites de l’EIIL, tout en étant condamnés par l’ONU et la Ligue Arabe, ne font que suivre une lecture littérale du Coran, notamment de la Sourate 9 (voir la réflexion de Claude Sicard sur le Figaro). La tragédie est que 300.000 chrétiens et musulmans chiites se sont réfugiés dans le Kurdistan, au nord de l’Irak (40.000 chrétiens selon Portes Ouvertes). Nous saluons la décision du gouvernement français : « Nous sommes prêts, s'ils le souhaitent, à en favoriser l'accueil sur notre sol au titre de l'asile » déclarent les ministres Bernard Cazeneuve et Laurent Fabius. La situation en Irak et en Syrie est des plus préoccupantes : « Ultime désastre pour Washington ; tragédie sans fin pour les Irakiens et les Syriens ; menace à venir pour les Européens » comme l’écrivait Le Monde du 11 juin, d’autant que l’EIIL supplante Al-QuaÏda dans la région et séduit des milliers de jeunes musulmans européens venus combattre dans ses rangs en Syrie.
L’ONG évangélique Portes Ouvertes propose de recueillir une aide pour ces chrétiens.
Au-delà du combat purement humain, nous sommes confrontés à des puissances spirituelles que Paul nomme « Autorités, Pouvoirs, Dominateurs de ce monde de ténèbres, esprits du mal qui sont dans les cieux » (Ep 6.12). L’action principale proposée dans ce texte est l’intercession. Persévérons dans la prière pour le monde qui nous entoure, notamment pour nos frères et sœurs maltraités dans la foi (Héb 13.3).




jeudi 24 juillet 2014

La paix à Jérusalem ?

Photo prise par l'auteur le 12 juillet 2014

« Demandez la paix de Jérusalem. Que ceux qui t’aiment jouissent du repos ! Que la paix soit dans tes murs, Et la tranquillité dans tes palais ! » Ps 122.6-7

J’ai passé récemment 10 jours en Israël où j’ai accompagné un groupe de chrétiens (les 8-18 juillet). Cette prière du Ps 122 prend pour moi une autre dimension après avoir été témoin du climat tendu dans ce pays, même si nous n’avons pas vraiment été inquiétés à l’exception d’une alerte aux roquettes.

Le chrétien évangélique a souvent du mal à se positionner dans ce conflit israélo-palestinien qui fait régulièrement  la une des médias. Certains seraient tentés de rejoindre l’approche de mouvements israéliens extrémistes comme le Kach, affirmant que la nation d’Israël doit retrouver ses frontières bibliques et que les Arabes n’ont aucun droit sur cette terre (ce parti nationaliste religieux a été considéré pendant des années comme terroriste par plusieurs nations, suite, notamment au massacre d’Hébron en 1994). D’autres, au contraire, seraient tentés par l’approche du Hamas, encore plus radicale, reniant à Israël tout droit, voire toute existence au Proche-Orient (conformément à une lecture littérale possible des sourates post-hégires du Coran).

Sur ce débat de la place d’Israël, je rejoins, en grande partie, les positions de l’Alliance Evangélique mondiale et du comité de Lausanne, appelées aussi la déclaration de Willobank de 1989. Dans son préambule, elle affirme : « Soucieux de justice pour tous les hommes, nous plaidons résolument le droit du peuple juif à jouir d’une existence paisible, en Israël ou dans ces communautés dispersées dans le monde. Nous dénonçons toutes les persécutions perpétrées dans le passé contre les juifs par des hommes se disant chrétiens, et nous nous engageons personnellement à résister contre toute forme d’antisémitisme. Nous ne pouvons pas faire mieux, pour exprimer notre amour, qu’encourager le peuple juif, avec tous les autres peuples, à recevoir le don de la vie que Dieu fait par Jésus le Messie et, en conséquence, nous nous réjouissons vivement du nombre croissant de juifs chrétiens ». Dans son dernier article, cette déclaration affirme : « Nous apportons notre soutien au désir des juifs de disposer d’une patrie aux frontières sûres et de jouir d’une juste paix. Nous démentons que le lien établi par les Écritures entre le peuple juif et la terre d’Israël justifie des actes qui s’opposent à l’éthique biblique et qui oppressent des individus ou des communautés ». Voir le texte entier.

La situation est d’une énorme complexité. Toutes les tentatives de médiation n’ont jamais pu aboutir sérieusement. L’envoi incessant de roquettes sur Israël de la part du Hamas et les réactions de l’armée israélienne nous rappellent qu’il y a encore du chemin à parcourir. En parlant récemment à un Israélien, il me disait, un peu en plaisantant, mais aussi de manière prophétique, que la seule véritable solution sera apportée par la venue du Messie ! À la lecture de la révélation biblique, nous ne pouvons qu’approuver cette réponse. Dans l’enseignement de Jésus, les événements énigmatiques autour de Jérusalem sont à suivre de près : « Car il y aura une grande détresse dans le pays (d’Israël), et de la colère contre ce peuple. Ils tomberont sous le tranchant de l’épée, ils seront emmenés captifs parmi toutes les nations, et Jérusalem sera foulée aux pieds par les nations, jusqu’à ce que les temps des nations soient accomplis… Alors on verra le Fils de l’homme venant sur une nuée avec puissance et une grande gloire » (Luc 21.24-27). Sans s’aventurer dans des interprétations « farfelues » de ces textes, on peut déduire qu’un retour du peuple d’Israël dans son pays, notamment à Jérusalem, mettra fin aux « temps des nations », période présentée comme l’un des signes du retour du Messie.

Comment prier pour ce pays ? Nous avons besoin de l’Esprit-Saint dans notre intercession, parce que nous ne savons pas vraiment ce qu’il convient de demander dans nos prières (Ro 8.26). J’oserai trois directions :
  • À court terme, la paix de la nation, un peu dans le sens où Jérémie le demandait pour ceux qui étaient en exil à Babylone : « Recherchez le bien de la ville… et priez l’Eternel en sa faveur, parce que votre bonheur dépend du sien » (Jér 29.7). Ce principe peut s’appliquer à plus forte raison à Jérusalem dans le sens du Ps 122 cité en introduction.
  • Dans le court terme, prions aussi pour les Palestiniens de la bande de Gaza (ils sont, comme chaque être humain, « notre prochain » que nous devons aimer comme nous-mêmes). Ce peuple est une fois de plus victime de la pression du Hamas qui les utilise comme bouclier humain, victime aussi des attaques de l’armée israélienne.  
  • A plus long terme, prions pour l’accomplissement des prophéties comme celles de Zacharie : « Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication, et ils tourneront les regards vers moi, celui qu’ils ont percé. Ils pleureront sur lui comme on pleure sur un fils unique, Ils pleureront amèrement sur lui comme on pleure sur un premier-né » (12.8-10). L’apôtre Jean rapporte cette parole à Jésus qui a été « percé » à la croix (19 .37). Chaque fois qu’un pêcheur se repent (de quelque nation qu’il soit), il y a de la joie dans le ciel de ce que « les regards de cette personne se tournent vers le Seigneur ». Il y aussi une joie particulière lorsqu’une personne du peuple d’Israël anticipe cette grande promesse du prophète Zacharie en se tournant vers le Messie crucifié.


« Que la paix soit dans tes murs, Jérusalem, et la tranquillité dans tes palais ! » Ps 122.7. Aujourd’hui cela parait totalement utopique, mais les paroles de Dieu s’accomplissent toujours, et il entend nos prières.

 


mercredi 18 juin 2014

La coupe du monde



C’est parti la coupe du monde !
Alors que des millions de téléspectateurs suivent de près cet événement planétaire, réfléchissons à quelques liens entre le foot et la spiritualité.

Commençons par le positif. Les matches de foot, à ce niveau, ne s’improvisent pas. Chaque joueur a subi plusieurs niveaux de sélections avant d’arriver au Brésil pour représenter son pays. Tous les joueurs sont des exemples de sportifs de haut niveau, aguerris aux entraînements sévères. Vu sous cet angle, on peut comprendre l’engouement à regarder ces athlètes. Le parallèle spirituel serait la marche chrétienne comparée à un athlète qui doit apprendre à suivre les règles ou à combattre pour gagner en s’imposant des sacrifices (voir par exemple 1 Co 9.24-27 ou 2 Ti 2.1-5).
Ensuite le jeu d’équipe est une belle leçon spirituelle. Sans une vision plus globale du jeu, sans une connaissance approfondie de ses coéquipiers, voire de ses adversaires, sans un certain détachement de son petit jeu personnel pour favoriser l’équipe, on ne va pas très loin. Chaque équipe, surtout les meilleures, démontre une sorte d’harmonie, une entente, une cohésion pour aboutir, pour gagner… Le parallèle biblique serait toutes les exhortations à prendre conscience du corps que nous formons avec les autres croyants, et le combat spirituel dans lequel nous sommes engagés avec nos frères et sœurs…
Enfin, on découvre parfois des témoins surprenants de l’Évangile sur les stades. Canal Plus s’était récemment penché sur le phénomène avec un peu de dédain, mais le reportage montrait quelques footballeurs transformés par la puissance de l’Evangile, décidés à être des ambassadeurs du Christ. Voir le documentaire.
 
Dans les parallèles moins reluisants, on pourrait relever la ferveur quasi religieuse de nombreux supporters. L’engouement pour son équipe, son pays prend des proportions idolâtriques pour ces supporters. Certains joueurs sont perçus comme des dieux, objet d’un culte étonnant.
La puissance de l’argent derrière la coupe du monde donne le vertige. Malheureusement les dérives de corruption aussi. Le défi Michée rappelle :
« Le gouvernement brésilien aurait alloué 40 milliards de dollars de ses fonds publics pour construire des stades hors de prix, alors qu’aucun financement n’a été versé dans le même temps pour les services publics essentiels comme la santé, l’éducation et les transports. Beaucoup de personnes en situation de pauvreté extrême ont été expulsées des favelas (bidonvilles) de Rio de Janeiro avec de fausses promesses de relogement… Romario, ancien buteur pour le Brésil, a demandé au peuple brésilien de protester contre les ‘voleurs corrompus’ qui dirigent la FIFA et la Confédération brésilienne du football. La FIFA aurait imposé des exemptions fiscales pour les sponsors de la Coupe. Ceci représenterait 200 millions d’euros ‘perdus’ pour le gouvernement du Brésil, argent qui aurait pu servir à sortir de la pauvreté des milliers de Brésiliens ».

Difficile d’appréhender spirituellement le phénomène du foot ! Pour celui qui veut se laisser interpeller, il y trouvera certainement une occasion d’entendre, un appel de la sagesse de Dieu : « La sagesse crie dans les rues, elle élève sa voix dans les places, elle crie à l’entrée des lieux bruyants ; aux portes, dans la ville, elle fait entendre ses paroles : ‘Jusqu’à quand, stupides, aimerez-vous la stupidité? Jusqu’à quand les moqueurs se plairont-ils à la moquerie, et les insensés haïront-ils la connaissance ? Tournez-vous pour écouter mes réprimandes ! Voici, je répandrai sur vous mon Esprit, je vous ferai connaître mes paroles… »


Que ce mondial 2014 puisse être une occasion de tirer quelques leçons de vie spirituelle.

dimanche 11 mai 2014

La grâce et l'exercice


Il y a un paradoxe dans la vie chrétienne. On passe des ténèbres à la lumière de Dieu "sans aucune oeuvre de la loi", c'est-à-dire, sans payer quoi que ce soit, mais en acceptant le salut gratuit et immense de Dieu :   "C’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie" (Eph 2.8-9). Cette logique est appuyée fortement dans un autre texte de Paul en Romains 4.4-5 : "Or, à celui qui accomplit des oeuvres, le salaire n’est pas compté comme une grâce, mais comme un dû. Par contre, à celui qui n’accomplit pas d’oeuvres mais croit en celui qui justifie l’impie, sa foi est comptée comme justice".

Et pourtant !
La conversion nécessite la repentance et la foi, c'est-à-dire un demi-tour radical qui nous permet de nous tourner réellement vers Dieu et placer notre confiance en lui. Tant Paul que Jésus insistent sur la nécessité de la repentance et de la foi. Paradoxalement, c'est un cadeau de Dieu, c'est lui qui, de manière mystérieuse nous attire à lui, nous éclaire dans notre intelligence pour que nous comprenions ces réalités, afin de saisir tant notre culpabilité devant lui que la puissance de son pardon.
Le salut est donc gratuit, mais il coûte tout ce que nous avons : "Alors Jésus dit à ses disciples: Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive, car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera" (Mat 16.24-25).

Il en de même pour la marche dans la vie chrétienne appelé aussi la "sanctification". Elle ne fait pas intervenir nos efforts charnels et la logique légaliste des mérites. Elle fait intervenir la repentance et surtout la foi. Prendre au sérieux sa vie spirituelle, c'est d'abord compter de tout son coeur sur Dieu, mais c'est aussi se donner les moyens pour avancer. Paul fait ressortir ce paradoxe à l'Eglise de Philippe : "Ainsi, mes bien-aimés, vous qui avez toujours été obéissants, soyez-le non seulement en ma présence, mais bien plus maintenant, en mon absence; avec crainte et tremblement mettez en oeuvre votre salut, car c’est Dieu qui fait en vous et le vouloir et le faire selon son dessein bienveillant" (2.12-13). D'un côté l'obéissance de la foi, de l'autre, la grâce totale par laquelle Dieu produit même le vouloir et le faire.

C'est dans cette même logique que Paul invite Timothée à un exercice intéressant : "Exerce-toi à la piété.
L’exercice corporel, en effet, est utile à peu de choses, tandis que la piété, elle, est utile à tout. Ne possède-t-elle pas la promesse de la vie, de la vie présente comme de la vie future ?" (1 Ti 4.8-9).

Au début de notre vie chrétienne, puis tout au long de nos jours, nous sommes appelés à vivre les deux facettes de paradoxe : la grâce totale et l'exercice de notre volonté pour nous donner les moyens d'aller de l'avant.

Pour aller plus loin dans l'exercice de la piété, voici un lien pour 4 études sur le sujet : "Une vie centrée sur Dieu" avec quelques déclinaisons dans l’écoute de Dieu (1), le renouvellement la lecture de la Bible et de la prière (2), la puissance de la grâce (3), et la vie de piété en Église (4). Lien pour les fichiers en mp3 (ces conférences ont été données à un week-end d'Eglise à Pâques en Alsace).

Reynald Kozycki